Birdy étreint son grand amour : deux descentes printanières de la face nord de l’aiguille du Midi.

31 mai 2014

Nous avons passé la nuit au sommet de l’aiguille du Midi avec l’espoir de skier quelque chose de spécial.
Hôtes privilégiés, nous profitons d’un magnifique coucher du soleil : le Tacul, le Maudit et le Mont Blanc s’embrasent tandis que le soleil plonge vers Chamonix et sa mer de nuages.
5 heures, le réveil est tardif. Pas le goût de suivre les groupes encadrés par des guides qui prennent la direction de la face nord du Tacul (nos intentions initiales étaient d’aller au Maudit… nous apprîmes plus tard qu’une chute de sérac avait failli emporter du monde).
Julot « le kid » Berger, Chamoniard de 18 ans, a imaginé une nouvelle entrée dans la voie Mallory. Avec le mouvement du glacier, une ligne plus directe a fait son apparition. Elle pourrait permettre d’éviter l’oblique traditionnelle sur la gauche (j’avais moi-même repéré ce passage en survolant le Mallory en speed riding quelques jours plus tôt, mais je n’y avais pas accordé grande importance avant ce matin).

7h30, le soleil illumine la face nord tandis que la vallée demeure dans l’ombre. Nous entamons quelque-uns des virages les plus libérateurs de la saison. Skiant au-dessus du magnifique abysse, nous lançons de grandes courbes jusqu’au seuil de la pente, plongeons sous le gros sérac pour rejoindre le Triangle, puis profitons d’une belle poudreuse jusqu’à la Demi-Lune. Le reste de la descente est en bonne condition si ce n’est un petit passage en escalier un peu nerveux après le Pan de Rideau.
Skier dans de très bonnes conditions un passage inédit dans la face nord de l’aiguille, sans personne aux alentours hormis l’énergie exubérante de Julot, voilà qui restera gravé dans ma mémoire.

Merci à Julot Berger et à l’aiguille du Midi.

2 juin 2014

Un matin ensoleillé à Chamonix
comme tant d’autres
et tellement différent

L’objectif de la journée est de réaliser une interview pour black crows au sommet de l’aiguille avec deux co-corbeaux, Flo Bastien et Julien Régnier. Mon intention est de skier une voie directe de la face nord, puis de sortir ma voile. J’ai fait de même la veille pour la caméra de Julien et Flo.
L’imprévu, c’est que les potes Sami, Mikko et Brenden sont dans le coin. Ils envisagent de skier le Frendo et  m’invitent à les joindre. Je l’ai déjà skié et, avec deux brins de 60 mètres, nous ne devrions pas perdre de temps dans les rappels.
Au moment de basculer dans la pente, nous savons que ça va être bon. L’énergie semble en concordance et les feux sont au vert. La neige est de qualité tout au long de la descente et chacun de nous joue parfaitement sa partition. Cela dit, nous restons vigilants pour repérer les meilleurs passages.

Une nouvelle fois à Chamonix, tu peux te réveiller le matin sans avoir la moindre idée de la journée à venir, et puis te retrouver à skier l’une des plus belles lignes de ta vie.

Merci à Sami Modenis, Mikko Heimonen, Brenden O Sullivan pour cette magnifique expérience, et à Julien Régnier et Flo Bastien pour leur patience…

Photos : Bird et Cedric Bernardini
Texte: Bird

le step up de la plagne en France. Des black crows s’écrasent parfois aussi avec Julien Regnier. Part II

Après quelques belles et glorieuses années à rayer le secteur, Kevin m’a appelé et m’a demandé si on ne pourrait pas utiliser les step up pour un évènement de fin de saison. Le sort était jeté. Tout ce qu’il fallait, c’était pas mal de volontaires pour manier la pelle et du monde pour rider le tout.

Ainsi, en 2013, un peu dans le speed, avec Kevin, Max et Charlie (Feel Event Spirit) on a fait naître le Sherd It. Les sauts étaient parfaits, mais la météo nous a montré qu’elle avait aussi son mot à dire. Le brouillard nous a empêché de les exploiter au mieux.

Il faut savoir être patient pour avoir des conditions de rêve et, cette année, une petite chute de neige la veille de l’événement et le retour du soleil nous ont permis d’avoir tous les ingrédients pour deux belles sessions.

Assez parlé, place aux images.

Grand merci à Kevin, toute l’organisation, la Plagne et aux riders qui ont “cassé le spot »

Suite et fin, les photos >>

le step up de la plagne en France. Des black crows s’écrasent parfois aussi avec Julien Regnier. Part I

En 2006, à la recherche de nouveaux spots dans ma belle station de la Plagne, Fabien Maierhofer et moi-même avons déniché deux magnifiques step up. Nos regards se sont d’abord posés sur un gap entre deux rochers. La piste d’élan s’avérait parfaite et le gap semblait avoir été créé pour des skieurs décadents. Ne restait plus qu’à dessiner une courbe pleine de grâce. Facile, à peine trois jours de pelletage avant d’arriver à combler cette maudite transition.

Ce gap est stratosphérique. La prise d’élan est vertigineuse avec une pente à 45º qui s’évanouit vers un jump minuscule tout là-bas au loin. Comment dire, il y a comme une vague impression que ça va arriver trop vite. Le speed gun a confirmé nos sensations en affichant un bon 90 km/h dans la cuillère. Quand on est en haut, on n’a franchement pas envie d’y aller, ça vous prend au ventre, même casqué. Pourtant, après le premier passage, comme par miracle, on a tout de suite envie de recommencer. Je crois que c’est une constante des spots qui marquent les esprits.

L’année suivante on s’est remis au taf et on a re-shooté ce fameux gap. On avait aussi repéré un peu plus bas le spot de ‘l’elevator’, mais vraiment rincé du travail sur le gap, on n’arrivait plus à mettre un coup de pelle pour le kicker. Les bras engourdis, on regardait le spot et imaginions avec désespoir la quantité de neige qu’il fallait encore bouger. Découragé, j’ai appelé mon pote Thomas Girlando pour un coup de main mécanique. Avec bonheur, il a tout de suite accepté et nous a permis de sortir un pur kick pour une session d’anthologie avec Kevin Rolland, Anthony Boronowski, Fab Maierhofer, JF Cusson, Stef Vaillant et Pierre Guyot. Le kicker était vraiment parfait, super smooth et cool à rider.

La suite >>

black crows, bruno compagnet et minna riihimaki. Tous les matins du monde, italiens. 

Après des jours et des semaines de tempête nous contraignant à skier dans les bois, un vague espoir, une déchirure lumineuse dans la couverture nuageuse… On a pris nos sacs de couchage, fait des courses en une demi-heure et réussi à prendre la dernière benne de la Roseta. Cette nuit, nous dormirons dans le couloir du téléphérique pour profiter des premier rayons de soleil.

Souvent, lorsque l’on regarde une belle photo d’action, qu’il s’agisse d’un virage ou d’un saut dans la poudre, on ne sait pas ce qui s’est passé avant et après l’instant décisif… J’aime aussi le ski pour tout ce qu’il y a autour, cela enrichi nos vies de moments précieux.

par Bruno
Photos Luca Loro di Mota











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