pour notre première interview black crows de la saison, des nouvelles de Marja Persson !

Depuis février 2011, date de son grave accident survenu à Kirkwood (USA) lors d’une manche du championnat du monde de Freeride, Marja se bagarre avec un courage indéfectible contre la douleur. Aujourd’hui, après une nouvelle opération qui devrait lui permettre de retrouver toute sa mobilité, elle peut à nouveau envisager un hiver sur des skis. Voici quelques mots de notre amie chère qui, au demeurant, dessine des lignes limpides et mélodieuses quand elle chausse ses corbeaux de bois.

Hard day hunting with Pajo and Inka... Marja Persson

Marja peux-tu revenir sur ton accident ?

Cela s’est passé lors de l’étape du Freeride World Tour à Kirkwood. J’étais hyper motivée et très concentrée car je voulais skier une ligne engagée. Au départ, j’avais du mal à trouver la bonne entrée parce qu’il y avait plein de petites pierres volcaniques qui me gênaient. Cela a perturbé ma prise de vitesse pour négocier les gros sauts. Bref, je suis parti, j’ai sauté et, une fois en l’air, je me suis rendu compte que j’allais atterrir sur les rochers. J’ai essayé de prolongé mon saut et j’ai atterri en plein dessus en position assise. Quand je me suis arrêté, j’avais le pelvis fracturé en plusieurs endroits, 5 côtes et une vertèbre cassées. Et j’avais aussi touché la rate.

Quel a été la teneur de ton combat physique depuis l’accident ?

Ça a été la période la plus lente et la plus dure de ma vie. Entre mon accident et le moment où l’on a extrait les vis, soit un an et demi plus tard, j’ai souffert quasiment en continu. Pour commencer, j’ai passé 10 semaines à l’hôpital dont 7 dans un lit, puis ça a été la chaise et enfin les béquilles jusqu’en août 2011. Ce n’est qu’en novembre que j’ai passé mes premiers jours sans souffrir. Enfin, en mars, on a enlevé les vis et, progressivement, je suis sorti du brouillard mental que m’avait infligé plus d’un an de fortes doses de médicament et de douleur. Cette libération psychologique a été très importante car je craignais sérieusement que cette épreuve ait irrémédiablement endommagé mon esprit.

wierd place for a tatoo (surgerydirection)

wierd place for a tatoo (surgerydirection)

Et comment as-tu repris pied ?

À partir de juin, les douleurs ont presque disparue et la vie a été merveilleuse. J’ai fait beaucoup de vélo, de marche, de chasse et de multiples activités de pleine nature. Quand je me suis blessé, les médecins m’ont conseillé de chercher de nouveaux objectifs afin de ne pas sombrer dans la déprime.

Ils m’ont demandé si javais une idée. Je leur ai dit que j’allais acquérir un chien de chasse et commencer la pêche à la mouche. Et c’est exactement ce que j’ai fait. Pajo est devenu mon meilleur allié tout au long de ma convalescence. Quel que soit le degré de ma douleur, il fallait qu’il sorte et je n’avais pas le choix. Maintenant, depuis l’ouverture de la chasse, nous chassons tous les jours. Sauf quand je fais du vélo de descente.

last surgery

Et concernant le ski, tu as pu rechausser ?

Quand j’ai essayé de skier avant qu’on n’extrait mes vis, j’avais l’impression d’être suspendu à un cintre. Après chaque sortie, je devais me reposer trois jours. C’est là qu’on a découvert que j’avais un nerf coincé par les vis. Néanmoins, je me sentais bien sur les planches. C’était tout à fait naturel. Bon, là je parle de poudre, car dès que c’était traffolé ou bosselé, la douleur était trop vive. Je craignais que l’accident ne m’ait bloqué psychologiquement, mais en fait je me sentais bien. Ensuite, après l’extraction des vis, j’ai skié un petit peu en avril. Cela marchait mieux, mais je ne pouvais absolument pas fermer mes chaussures. Après de nouvelles analyses, les médecins se sont rendu compte que mon os du pubis ne cicatrisait pas. Je suis donc repassé par la case billard la semaine dernière, et me voilà repartie pour 8 semaines de béquilles. Mais j’espère que cette fois, je vais être totalement opérationnelle !

Et quels sont tes objectifs après cette ultime épreuve ?

Et bien, tout d’abord, 4 mois de rééducation à fond. J’espère pouvoir être de retour sur les skis en janvier et partir faire de l’héliski en avril. J’ai notamment un petit projet de film, mais c’est encore un peu secret. Mon rêve est de pouvoir retourner en Alaska pour tourner. Et puis avec Giulia et Laura, nous espérons relancer notre association Summits4kids et mettre sur pied un nouveau projet. Enfin je rêve d’aller skier au Bhoutan…