surf trip. black crows avant l’hiver, Bruno Compagnet

J’ai traversé d’un pas rapide le parking balayé par des rafales de vents venues du désert. Après avoir contourné un petit mur de pierres volcaniques, j’ai regardé à cent cinquante mètres une jolie vague dérouler dans la lumière de l’aube. Une vague qui, comme ses sœurs, dégueule sur le rivage tout ce qui la salit. Folie des Hommes.blackcrows_bruno_surf

J’ai respiré profondément et j’ai regardé, fasciné, la frontière entre la sécheresse minérale et l’apparente douceur aquatique de l’océan plein de vie. Au dessus de ma tête, dans un souffle intermittent, les pales des éoliennes tournaient en produisant un son étrange. Je suis retourné à la voiture et j’ai attrapé ma planche de surf, une bonne vielle 6.8 pleine de pets. Je l’ai waxée en pensant que je serai seul pour un petit moment à glisser sur ces vagues. Dans ma tête, une chanson des Red Hot. Je fredonne quand je me sens seul et heureux de me retrouver, ou quand je dois faire face à une situation qui me demande de me concentrer en milieu naturel.
Je descends doucement le talus de galets noirs pour m’aventurer sur une dalle glissante et fourbe, criblée de trous et de coquillage pointus. Il y a quelques années, j’ai commencé à marcher pieds nus et il m’arrive d’en tirer une certaine satisfaction. Une fois que le fond est suffisant, je pose ma planche dérive en l’air pour ne pas risquer de l’abîmer, puis je gagne le large le plus rapidement possible . Je rame vers le line-up. Je dois être plus tendu que je ne le pensais car, à plusieurs reprises, je refuse une vague. Trop à l’intérieur, trop rapide… je me chie dessus.S0825848 blackcrows_bruno_compagnet

Je me concentre, je me parle. Puis ça y est, je prends ma première vague. Plus à l’aise que je ne l’aurais imaginé, je glisse, monte, descends, en regardant les rochers défiler à quelques centimètres de la surface. Chaque cellule de mon corps est à ce que je fais. Il n’y a plus aucune pensée merdique pour m’encombrer l’esprit. Le bavardage intérieur s’est enfin arrêté. À la fin, quand je sors, je suis heureux. C’est aussi simple que ça. Le vent a forci, m’apportant des odeurs de ville et de chaleur.
Sur terre, je suis quelqu’un d’énervé et de terriblement impatient. Mais quand je skie ou surfe, je peux m’abandonner longtemps à attendre le bon moment. Je pense que c’est une sorte d’atavisme, un instinct qui nous vient de la nuit des temps quand on pratiquait l’art de la chasse. À l’eau, je peux rester des heures dans la fascinante contemplation des reflets sur la houle et des jeux de lumières. J’étudie chaque détail avec plus d’intérêt qu’un texte philosophique ou religieux et j’en tire plus de bénéfice. Parfois, à la suite d’une longue session, il m’arrive de continuer à voir les choses bouger et onduler. Une rue pavée, un mur, ça dépend de mon degré de fatigue. À la manière de ces retours à terre après des jours de navigation, quand le quai semble bouger sous nos pieds. Comme si la vision avait imprégné l’esprit,  se prolongeant bien au-delà de l’expérience.bruno_surf_blackcrows_ski

Je suis né en montagne, dans un environnement où l’horizon est relativement proche. Cela explique sans doute mon goût pour les grands espaces et les déserts. Si, comme moi, vous avez fait la fête en parcourant tous les sentiers de la nuit, cela vous rappelle probablement des choses. À la différence que, dans ce cas là, la descente est agréable et douce. Je ne suis pas un surfeur. Je prends des vagues, parfois des risques, pour le simple plaisir de glisser. C’est une des choses que je préfère au monde.

Merci de ne pas surfer

 

des black crows et des potes, le Frendo, Chamonix.

Ouvert le 11 juillet 1941 par Edouard Frendo et René Rionda, l’éperon Frendo est la voie la plus esthétique de face nord de l’aiguille du Midi. Son ascension parcours un grand éperon rocheux qui débouche sur une magnifique arête de neige, puis, par une section en neige ou glace, rejoint l’aiguille du Midi, à plus de 3800 mètres.

C’est cette arête effilée que Jean-Marc Boivin et Laurent Giacomini décideront de skier le 2 juillet 1977 avant de plonger, par une série de rappels, à l’aplomb de l’éperon pour rejoindre une nouvelle pente qui les mènera au pied de la voie. Ce jour-là, Giacomini, porté par l’enthousiasme, et avec des skis de 2m10 et 60mm de patin, se mit à réaliser de grandes courbes sur le haut de la pente. Cette performance très avant-gardiste à une époque où on réalisait des virages sautés, a marqué les esprit comme l’annonce d’une nouvelle ère de la glisse, celle du freeride.

Le 12 mai 2012, deux skieurs Black Crows, François-Régis Thévenet et Alexandre Pittin, effectuaient une répétition du Frendo en ouvrant en partie une variante très esthétique, ‘La Val’, moins exposée aux chutes de séracs et nécessitant un minimum de rappels pour rejoindre la pente de sortie. Ce haut fait allait attiser l’appétit de nombreux amateurs de pente raide et encourager de multiples répétitions de ce superbe itinéraire.

Ce fut notamment le cas le 27 mai dernier, quand deux autres skieurs Black Crows, Minna Riihimaki et Michael ‘Bird’ Shaffer, accompagnés de Ben Briggs, Ross Hewitt et Luca Pandolfi, profitèrent des très bonnes conditions du printemps pour lancer respectivement leurs Corvus 175 et Navis 175 à l’assaut de cette ligne mythique. Et tandis que Minna réalisait la première féminine avec décontraction, l’animal Bird, après avoir patienté en haut de l’épaule jusqu’a que chacun soit passé, se lança - avec ses Navis 175 et 105mm de patin - dans une série de grandes courbes à pleine vitesse sur l’arête. Tous les témoins de cette scène s’accordent à dire que ce fut un moment magnifique, comme si Bird volait littéralement sur ses skis au dessus du vide. Ainsi, 36 ans après Giacomini, notre ami américain exécutait à son tour un instant de grâce sur le Frendo.

“Je suis encore une fois très reconnaissant à mes amis qui ont eu la vision et sont venus quand le jour s’est présenté. Tout s’est mis en place harmonieusement : le ciel bleu, un manteau de poudreuse bien stable et des amis qui étaient prêts à se lancer dans l’un des plus beau run de notre vie. Ce fût l’un de ces moments rares entièrement dédié au ski. Un instant de grâce où j’ai pu m’abandonner et, totalement connecté et libre, voler le long de cette face majestueuse.”

Michael ‘Bird’ Shaffer.

Merci à Ross Hewitt  pour les photos !
Chamonix collective:
Finish mind: Minna Riihimaki
Englishman: Ben Briggs
Italian job: Luca Pondolfi
Scottish highlander: Ross Hewitt new crow!
USA freak: Michael “Bird” Shaff

credits to Ross Hewitt http://rosshewittblog.wordpress.com/

sentimental. Minna Riihimaki à vélo, comme une goûte de sel sur la peau d’un black crows

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Après avoir passé le printemps à profiter des conditions de neige exceptionnelles pour skier des pentes raides chaussée des nouveaux black crows corvus en 175 com, Minna a fini par ranger les skis et sortir les vélos, le mini short, les genouillères et le casque. Cette photo, qui en fait n’en est pas une puisqu’il s’agit en réalité d’une capture d’image vidéo, met ainsi en scène la dite finlandaise à l’heure d’été sur son vélocipède bleu. Toutefois, ce cadrage serré de Minna peut, au-delà d’enthousiasmer les adeptes de la pédale sur chemin caillouteux, déclencher chez le spectateur un certain trouble par la conjugaison de deux facteurs : sa sensualité et son caractère vibratoire. En effet, la portée érotique des quelques centimètres de peau qui séparent la ceinture du nombril, mais également et surtout - les gourmets de bonne chair savent de quoi il retourne – la douceur de ces magnifiques cuisses chaudes et certainement délicatement huilées par une fine couche de sueur, le tout sur un fond frémissant d’amortisseurs en carbone qui rythment l’oscillation vers une selle d’ivoire, donnent à cette image un mélange d’extrême sensualité et de culpabilité immédiate. Car oui, n’essayez pas de vous soustraire à l’évident constat, à quel moment regardez-vous une image charnelle en étant agité de légers soubresauts ?…

Par JAG, en été, seul face à son écran, la nuit.

black crows pilote de course & jib-ninja : Mai Ikuzawa sur le Gumball 3000

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Le mois de Mai, à part le muguet ou le ski de printemps, peut-être pour un tout petit nombre de personnes étranges, un mois synonyme de Gumball 3000. Le Gumball est un rallye automobile international, composé de voitures excentriques et souvent très rapides, conduites par des personnes excentriques aussi et, très souvent, personnes de très mauvais gout, indéniablement.
Mais heureusement on peut parfois trouver un peu de délicatesse au sein du Gumball 3000. Si cela est possible, non nous ne parlons pas du skieur Suédois Jon Olsson, fidèle participant du Gumball, mais de notre black crows ambassadrice, la Japonaise Mai Ikuzawa, membre du bien nommé black crows freak nest.
Voici quelques images délicates de Mai et de son copilote Mme Barattieri San Pietro et de leur engin aux couleurs black crows : la Chevrolet 1957 Bel Air, au milieu de la horde Gumball et quelques blasons black crows sur des calandres diverses. Du bitume, de la sueur, du ride, des pannes mécaniques, beaucoup de junk food. Il était une fois dans l’ouest dans un monde de brutes. ikuzawa_1662 gumball_blackcrows_ski

Fiche technique en VO:
1957 Chevrolet Bel Air Street Rod.
396CI V8, dyno’d at 475 hp and 555lbft of torque in 1999, BDS 671 blower,
2- 4 bbl dual feed 780 cfm Holley carburetors, 4 speed m-22 Muncie transmission,
power steering, RWD, power brakes, 9″ rear end, 3.70 gears, 24 gallon ATL fuel cell…

Drivers:
-black crows resident racing driver & jib-ninja: Mai Ikuzawa http://fatale.honeyee.com/blog/mikuzawa/
-Italian Royalty and Countess, Sofia Barattieri San Pietro, also the CEO of Motilo.com
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Story:
Crowned  »Ambassadors of the Gumball »!
They broke down at least EIGHT times:
- Power failure from alternator to battery. Lost lights too.
- Replace alternator and rewire.
- Flywheel broken, and push-start car everytime for 3,000 miles!
- Broken power-steering and water-pump belt.
- Tyre blow-out at 90mph on the Interstate due to delamination and broke the quarter panel and right-rear fender.
- Broke the alternator bracket due to aggressive steering!
- Alternator not pulling power again, blown fuse so hard-wired.
- Overheating engine through Death Valley.
- Overheating pilots through Death Valley with no aircon…

Route:
The 2012 rally ran from New York City to Los Angeles, via Toronto, Indianapolis, Kansas City, Santa Fe, and Las Vegas. The rally was held from May 25-31. The rally included stops at Niagara Falls, Indianapolis 500, Windsor, Ontario, Detroit, St Louis, Route 66, the Grand Canyon and Death Valley.ikuzawa_1645 IMG_2687 P1230386 gumball_car_blackcrows_ski P1220960 ikuzawa_1657Oui EVE!

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Rescuers:
Karta & Spoon!

www.gumball3000.com

randonnée relax sur black crows en Arménie avec Jax

Chaque année, le programme de voyage de Jax, alias le guide Claude Jaccoux, prévoit des randonnées à ski dans des coins insolites. 2013 n’a pas dérogé à l’usage avec 8 jours de raid à ski dans un pays aussi célèbre que méconnu, l’Arménie. En compagnie de ses acolytes guides, l’Italien Alberto Re et le Russe Alexey Shustrov, du guide arménien Mkhitar Mkhtaryan, d’une dizaine de clients, de sa femme Claire et de ses deux fils, Antoine et Camille, c’est un voyage aux frontière du moyen-orient que le guide chamoniard, chaussé de ses orb freebird jaunes canaris, a entrepris. Voici quelques images de cette chaleureuse aventure entre randonnée à ski sur de douces montagnes rondelettes et visites d’édifices religieux de ce petit pays enclavé qui se trouve être le plus vieil Etat chrétien.

Texte et photos par JagArmenie-BC-5L’unique skieur arménien que l’on ait croisé était un fondeur.

Armenie-BC-6Claude Jaccoux et Alberto Re au finish.

Armenie-BC-3Des montagnes à perte de vue et personne aux alentours.

Armenie-BC-16Le monastère de Sevanavank sur le lac Sevan (Xe siècle)

Armenie-BC-17Claude en plein effort sur ses orb freebird

Armenie-BC-8Camille sur ses orb all mountain

Armenie-BC-10Camille évalue une sortie dans une neige chauffée à souhait.

Armenie-BC-1La solitude du skieur dans le mauvais temps. Nous rejoindrons ensuite un village où les habitants nous réchaufferont à coups de vodka.

Armenie-BC-13Solitude graphique dans le petit Caucase. Nous sommes ici près du col de Sélim, un point de passage de l’une des plus ancienne route commerciale reliant la Perse et l’Europe.

Armenie-BC-9Au sommet avec, de gauche à droite Pietro, Alberto Re, Donatella, Renzo, Camille et Mkhitar.

Armenie-BC-11Légende : Jaccoux père et fils en attente d’une bière fraîche pour fêter la journée.

Armenie-BC-14Avec la lutte, les échecs sont le ‘sport’ national arménien.

blackcrows_ski_Une particularité du pays, d’immenses parois basaltiques et manifestation pour la démocratie après des élections qui sentent bon l’embrouille. Place de l’opéra à Erevan.

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Armenie-BC-15Les célèbres khatchkar, les ‘pierres à croix’ de l’église apostolique arménienne. Elles ne représentent pas la mort du Christ, comme chez les Catholiques, mais sa nature divine.

Armenie-BC-7Des gamins intrigués par ces skieurs sortis de nulle part.

Armenie-BC-4Un couple d’Arméniens posant au-dessus d’Erevan.

www.antoine-jag.fr