black crows Dolomites 2 par Bruno Compagnet. Passe moi les jumelles Marcel.

L’herbe a détrôné la neige le long de la route et, parmi les voitures que je croise, les porte-vélos ont remplacé les porte-skis. Ma paire de Corvus posée le long de l’habitacle, mon esprit n’est toujours pas sevré de cimes et de pentes enneigées. Après trois semaines sans voir le soleil et encore moins les sommets, le paysage printanier est incroyablement clair et lumineux. Je roule pied au plancher, la sono poussée à fond. J’écoute Rom à m’en faire péter les tympans en allant rejoindre Simone et Mateo avec lesquels nous partons skier la face nord de la Presanella. Rarement en condition, cette superbe descente fait partie des grosses classiques d’Italie du nord.

L’eau coule des névés, formant un petit ruisseau qui suit le chemin au coeur d’un bois de mélèzes. Chargés comme des mules, nous transpirons à grosses goûtes en remontant les mille mètres de dénivelé, dont une heure de peau sur de la neige sale, qui nous séparent du bivouac. Nous croisons un paquet de skieurs qui redescendent et c’est un véritable bonheur de trouver le bivouac vide.

Simone prépare un risotto au safran. Après une bonne sieste sur les lits superposés qui hument bons la montagne, nous refaisons le monde autour d’une tasse de café, puis décidons d’aller faire un tour en peau pour repérer le menu de demain. À notre retour, nous ne sommes plus les seuls occupants du bivouac. Francesco et Giuseppe, sont eux aussi venus skier la Pressanella. Ils arrivent de la face nord du Grand Paradiso et, s’ils réussissent demain, il auront réalisé un bel enchainement. Le monde de la montagne est un microcosme et l’on se découvre rapidement pas mal d’amis en commun. C’est naturellement que l’on décide de partir ensemble le lendemain.

Des aubes pareilles, je ne m’en tape que quelques-unes par an. Les premiers rayons de soleil enflamment toute la face. À l’instar de l’ivresse des virages dans la pente raide, c’est le genre de spectacle qui me donne la force de supporter le poids du sac, le froid, les horaires impossibles, la promiscuité dans les bivouac (d’autres personnes sont arrivées tard dans la soirée…), les jours d’attentes et les espoirs déçus…

Vers 6 heures, on fixe les skis sur les sacs et, piolets en main, on attaque la longue remontée du couloir. La trace, pimentée par des rafales de vent violent, est un boulot d’équipe. Une fois franchie la crête sommitale, il n’y a plus un souffle d’air. C’est comme si l’on était passé dans un autre monde. Au soleil, il fait presque chaud. On se repose un peu. On a le temps. Il est encore tôt et la neige n’a pas encore décaillée. Francesco fait un tour d’horizon des sommets qui nous entourent. Je mange un morceau et manque de m’étouffer quand, suivant le fil de la discussion en italien, je comprends que Guiseppe a cinquante ans et qu’il a appris à skier vers quarante… Certaines personnes peuvent être pleinement heureuses avec des choses simples, comme de ressentir la nature en se promenant dans un jardin ou dans les bois, d’autres ont besoin d’expériences beaucoup plus fortes pour trouver cet équilibre.

La pente est soutenue du sommet à la rimaye et la descente est un pur moment de bonheur et de tension. La neige accroche et nous met en confiance pour skier dans le raide.

PS : Francesco Tremolada est guide de haute montagne et auteur du livre Free Ride in Dolomiti.

black crows brakko. Une journée avec Bruno Compagnet

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D’après la taille des bois, il s’agit d’une bête dans la force de l’âge. La ramure est lisse, ses ramifications pointues et acérées telles de multiples poignards prêts à combattre mâles rivaux et prédateurs. Seule la coiffe rappelle la vie que contenait il y a peu ce trophée morbide et primitif. On croirait une chevelure ajustée, comme si le cervidé, ex fan des Stray Cats, avait l’habitude de se gominer la banane avant d’aller taper du sabot pour bramer tout son soûl. Il a encore fière allure le loubard des sous-bois. Son orbite nous toise d’un air mauvais et il va sans doute se griller une sèche avant de prendre la route. Il ne lui manque qu’un blouson noir, une paire de Santiags et un couteau à cran d’arrêt pour que sa sordide carcasse nous saisisse d’effroi.

Mais non, la bête est bien morte et quasi sèche. Le crâne n’est plus qu’une relique et finira sans doute accrochée sur le perron d’un cycliste pyrénéen dont la voiturette tout terrain arbore un auto-collant au nom prédestiné. N’en dites pas plus malheureux ! Vous voyez bien où cela pourrait nous mener. Dans ces contrées recluses, les rumeurs sifflent comme le vent mauvais et les accusations de sorcellerie sont encore monnaie courante. Les Corvidés sont bel et bien nécrophages, de là à penser que le cadavre ait été consommé sur place, il n’y a qu’un pas. Cela expliquerait l’étrange amas de poils au sommet du squelette. Comme si la dépouille n’avait pas été entièrement becqueté. Comme si le charognard, dépeçant les chairs, avait, dans une lueur d’animosité, reconnu en cet œil torve le regard d’un vieux compagnon de soirée.

Par JAG

des black crows et des potes, le Frendo, Chamonix.

Ouvert le 11 juillet 1941 par Edouard Frendo et René Rionda, l’éperon Frendo est la voie la plus esthétique de face nord de l’aiguille du Midi. Son ascension parcours un grand éperon rocheux qui débouche sur une magnifique arête de neige, puis, par une section en neige ou glace, rejoint l’aiguille du Midi, à plus de 3800 mètres.

C’est cette arête effilée que Jean-Marc Boivin et Laurent Giacomini décideront de skier le 2 juillet 1977 avant de plonger, par une série de rappels, à l’aplomb de l’éperon pour rejoindre une nouvelle pente qui les mènera au pied de la voie. Ce jour-là, Giacomini, porté par l’enthousiasme, et avec des skis de 2m10 et 60mm de patin, se mit à réaliser de grandes courbes sur le haut de la pente. Cette performance très avant-gardiste à une époque où on réalisait des virages sautés, a marqué les esprit comme l’annonce d’une nouvelle ère de la glisse, celle du freeride.

Le 12 mai 2012, deux skieurs Black Crows, François-Régis Thévenet et Alexandre Pittin, effectuaient une répétition du Frendo en ouvrant en partie une variante très esthétique, ‘La Val’, moins exposée aux chutes de séracs et nécessitant un minimum de rappels pour rejoindre la pente de sortie. Ce haut fait allait attiser l’appétit de nombreux amateurs de pente raide et encourager de multiples répétitions de ce superbe itinéraire.

Ce fut notamment le cas le 27 mai dernier, quand deux autres skieurs Black Crows, Minna Riihimaki et Michael ‘Bird’ Shaffer, accompagnés de Ben Briggs, Ross Hewitt et Luca Pandolfi, profitèrent des très bonnes conditions du printemps pour lancer respectivement leurs Corvus 175 et Navis 175 à l’assaut de cette ligne mythique. Et tandis que Minna réalisait la première féminine avec décontraction, l’animal Bird, après avoir patienté en haut de l’épaule jusqu’a que chacun soit passé, se lança - avec ses Navis 175 et 105mm de patin - dans une série de grandes courbes à pleine vitesse sur l’arête. Tous les témoins de cette scène s’accordent à dire que ce fut un moment magnifique, comme si Bird volait littéralement sur ses skis au dessus du vide. Ainsi, 36 ans après Giacomini, notre ami américain exécutait à son tour un instant de grâce sur le Frendo.

“Je suis encore une fois très reconnaissant à mes amis qui ont eu la vision et sont venus quand le jour s’est présenté. Tout s’est mis en place harmonieusement : le ciel bleu, un manteau de poudreuse bien stable et des amis qui étaient prêts à se lancer dans l’un des plus beau run de notre vie. Ce fût l’un de ces moments rares entièrement dédié au ski. Un instant de grâce où j’ai pu m’abandonner et, totalement connecté et libre, voler le long de cette face majestueuse.”

Michael ‘Bird’ Shaffer.

Merci à Ross Hewitt  pour les photos !
Chamonix collective:
Finish mind: Minna Riihimaki
Englishman: Ben Briggs
Italian job: Luca Pondolfi
Scottish highlander: Ross Hewitt new crow!
USA freak: Michael “Bird” Shaff

credits to Ross Hewitt http://rosshewittblog.wordpress.com/

local crow, Peio Gaillard : l’appel de la montagne

peio_blackcrowsOriginaire de Bordères, un petit village situé aux pieds des Pyrénées, entre la vallée d’Ossau et la vallée des Gaves, Peio Gaillard est un insatiable découvreur d’horizons. Grand voyageur, il s’investit pour transmettre sa passion des hautes sphères et son désir d’ailleurs. Accompagnateur en moyenne-montagne et pisteur-secouriste, il partage son temps entre l’encadrement de voyages pour des jeunes de quartiers, ses odyssées personnelles, mais également la photographie grâce à laquelle il collabore à des magazines outdoor et des guides touristiques. L’été, Peio continue de crapahuter, que ce soit en randonnée pédestre, en alpinisme ou en vtt, chaque voyage en appelant un autre : ”Plus je voyage et plus j’ai envie de repartir… Que cela soit en hiver pour rider ou l’été en ambiance détente je ne me lasse jamais du voyage… Pourtant j’ai bien conscience en rentrant que je vis dans une super région à une heure de l’océan, une heure de l’Espagne et juste à côtés des montagnes…”

blackcrows_peio_nocta_ski arriutort950 peio_portrait_nocta_blackcrows camox_blackcrows_touring_blackcrowsComme la plupart des skieurs pyrénéens, il a un jour croisé sur sa route Bruno Compagnet. Le courant est vite passé entre ces deux nomades et Peio, en recherche de skis, est naturellement devenu ambassadeur black crows. Exclusivement randonneur, il privilégie quatre modèles : “Pour les sorties longues ou les trips en itinérance, j’utilise le orb et le camox. Ce sont deux skis super polyvalents et qui permettent de faire du chemin. Au quotidien je suis un inconditionnel du Corvus 175 monté avec des Plum. C’est un ski hyper joueur avec lequel tu évolues facilement dans toutes les neiges. C’est mon meilleur compagnon de route. Sinon l’année dernière après la saison de folie que l’on a eu dans les Pyrénées, j’ai skié quasiment toute la saison avec un Nocta 176 également en Plum… Un peu lourd en montée mais tellement bon en descente… On ne compte pas quand on aime…”

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Actif sur la toile, vous pouvez suivre ses pérégrinations sur son blog www.timuzapata.com  En attendant, voici quelques-unes de ses photographies (le skieur est son ami Fabien Pottier).

Partenaires : black crows, fixations Plum, Norrona, Yogi Tea

 

blackcrows interview: Oakley White-Allen : au bon souvenir de la terre.

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Au premier abord, pour nous autres habitants du vieux monde, Oakley peut sembler venir d’une planète bien plus lointaine que les États-Unis d’Amérique. Dans son regard, dans le rythme de ses gestes et de sa parole, perce une forme d’énergie intuitive, à la fois mystérieuse et tangible. Certes, Oakley est un très bon skieur chaussé de black crows et bien installé parmi les dix premiers du Freeride World Tour, mais ce joyeux yankee installé à Salt Lake City nous apporte surtout une autre dimension de la pratique du ski. Adepte des fêtes baroques dans le désert, privilégiant l’émotion à la technique, ce joyeux personnage demande volontiers la permission à mère nature avant de glisser le long d’une pente. Dans un monde où la science a pris le pas sur la sensation, où l’on ne peut plus skier sans des accessoires à mille tunes et des sacs à dos explosifs, ça fait quand même du bien de discuter ski et montagne avec un gars sponsorisé par une marque de miel ghanéen.
Oakley White Allen, La Grave, France

On va commencer par ce qui passionne les foules, tu es satisfait de ton début de saison sur le World Tour ?

Oui, je suis très satisfait. Cela dit, le jugement a beaucoup évolué et je n’arrive pas trop à savoir ce que les juges attendent. Mon objectif initial était de faire partie des 10 premiers et je l’ai atteint. Je crois que mes runs ont été originaux et fluides, et j’ai posé tous mes sauts. C’est déjà une grande satisfaction.

Comment se passe l’évolution de ta carrière ?

Je suis arrivé à un point où j’ai besoin d’envisager de nouveaux objectifs. Mec, je me rends compte que j’ai atteint quasiment tous les buts que je m’étais fixé il y a 5 ans. C’est génial. À l’époque, je pensais que ces objectifs étaient présomptueux, quasiment inaccessibles, mais aujourd’hui, avec du recul, je me dis que j’aurais dû viser encore plus haut ! (Il se marre) Alors voilà où j’en suis, vraiment reconnaissant de toutes ces opportunités, et puis surtout heureux de ne pas être blessé car c’est la base de tout. Alors je profite, sachant très bien que rien n’est acquis. J’ai déjà enchaîné les blessures par le passé, alors je sais à quel point il est important d’être en bonne santé.03-OakleyWhiteAllen_2013_www.jeremy-bernard.com-6238

Quels sont tes objectifs aujourd’hui ?

Sans viser trop loin dans l’avenir, mon premier objectif serait de continuer à assurer mes runs sur le tour pour finir dans les 10 premiers et me qualifier pour Verbier. J’ai vraiment envie de skier à nouveau le Bec des Rosses. Pourtant, quand j’y pense, et bien que j’ai vraiment le désir de rider cette face qui correspond à mon type de ski, tout cela semble appartenir au passé. En réalité, mon véritable objectif serait de passer du statut de skieur de compétition à celui de skieur d’image. C’est là le but de ma vie. J’ai suffisamment prouvé, en tant que skieur de compétition, que je suis constant et que je n’ai pas de problème avec la pression. Je peux rester une semaine dans une chambre d’hôtel et, en un claquement de doigt, être prêt à partir. C’est un élément important quand on veut intégrer l’univers de la vidéo. Et puis il y a aussi l’aspect humain. Je suis capable de m’adapter et de rester avec de parfaits inconnus pendant de longues périodes. Ça aussi c’est un aspect important des tournages. Il faut pouvoir se faire de nouveaux amis, arriver à s’accommoder de nouvelles rencontres. D’un coup, les conditions sont là et tu te retrouves à partager une chambre pendant 8 jours avec un gars que tu n’as jamais vu. De ce point de vue, je pense que le tour m’a fait progresser.

Tu as de projets de film avec black crows ?

Oui, on en a pas mal discuter avec Camille et Julien. Des projets de courts intenses avec une forte sensation de vécue. Cela rejoint le type de vidéo que je fais avec Panda Poles (sa marque de bâtons de skis en bambou). Ce sont des formats très intéressants pour la vivacité et l’impact. Il n’y a pas forcément besoin de grosses structures pour faire de belles choses. Ces vidéos internes que l’on retrouve chez les marques de skate, de snow ou de surf permettent de créer vraiment librement car il n’y a pas à satisfaire plusieurs sponsors. La liberté de création est plus large.04_OWH_2013_┬®www.jeremy-bernard.com-6392

Comment se porte Panda Pole ?

Très bien. On est à un point où les commandes dépassent la production. On vend beaucoup aux États-Unis et en Europe, et puis le marché canadien est également en expansion. On s’internationalise beaucoup. Nous continuons à implanter la marque, consolider la tribu, faire en sorte que les produits soit très performants. Après, nous pourrons passer à la vitesse supérieure quand le moment sera venu.

Considérant que black crows fabrique également des bâtons, est-ce que vous avez songé à des passerelles entres les deux marques ?

Non, nous n’avons pas abordé ce sujet. Mais ce serait sans doute une idée de faire quelques éditions limitées. Avec l’esthétique des bâtons en bambou, on peut envisager plein de designs particuliers. On pourrait faire des bâtons très classiques pour une édition spécifique à destination de quelques ambassadeurs.oakley white Allen blackcrows skis jeremy bernard

C’est la deuxième fois que je te croise à Chamonix, est-ce que tu te familiarises avec ses montagnes ?

Oui, l’an passé, je suis venu deux fois, donc c’est ma troisième visite. Je n’ai malheureusement pas encore pu faire les runs les plus prestigieux de ce côté-ci, car le téléphérique de l’aiguille du Midi était fermé quand on avait prévu d’y aller. J’ai néanmoins pu skier côté italien et c’était magique. Mais je ne désespère pas, et puis je me fais de plus en plus de potes qui me proposent de m’emmener. La première fois que je suis venu, j’entendais plein d’histoires sur les runs mythiques du massif, mais personne ne voulait s’embarrasser de moi. Aujourd’hui, c’est différent, de nombreux skieurs me proposent d’être mon guide. D’ailleurs, cela m’a surpris car ce n’est pas la réputation de Chamonix. De ce que j’en savais, les gens d’ici étaient très protecteurs de leurs montagnes. Alors de me sentir accepté est quelque chose de précieux.

Tu aimerais passer une saison ici ?

Totalement, mais ce serait sans doute plutôt deux ou trois saisons. C’est tellement immense ici que c’est plutôt un engagement sur 10 ans. Ce n’est pas un truc à la va-vite.Oakley White Allen 2013 skis blackcrows www.jeremy-bernard.com

Quels sont tes projets pour ce printemps et cet été ?

Concernant le printemps, c’est assez ouvert. Il y a des rumeurs selon lesquelles une production aurait besoin de mes services, alors, sans trop m’enflammer, je laisse la fenêtre ouverte en avril. Mais, si rien n’arrive, j’envisage sérieusement de revenir à Chamonix au mois d’avril pour skier ici et me familiariser avec des techniques d’alpinisme. Je n’avais jamais envisager cela, mais c’est quelque chose d’important pour la sécurité. Et puis ce pourrait aussi être l’occasion de filmer quelques trucs avec black crows.

Tu auras besoin de bosser cet été pour financer ta saison ?

Oui, j’ai encore besoin de travailler. Je suis couvreur d’ardoise dans le Maine et le Vermont. C’est le boulot le mieux rémunéré que j’ai trouvé. Et puis c’est bien pour bosser mon équilibre car je suis toute la journée sur les toits à porter des trucs lourds. Alors c’est un peu comme d’être en montagne, il faut être concentré car tu peux tomber. J’aime aussi m’investir dans la communauté artistique autour de Salt Lake City pendant l’été. Il y a beaucoup de festivals musico-artistiques. Mais je crois que cette année, je vais devoir faire l’impasse et sacrifier mon été. J’ai des projets en ski et je ne veux pas être limité pour des questions de budget. Si je veux aller skier en Alaska, si une production m’invite, il me faudra 10.000 dollars de budget, c’est la règle.Oakley White Allen 2013 blackcrows skis www.jeremy-bernard.com

Tu as la réputation d’avoir une approche spirituelle de la vie, es-tu religieux ?

Non, par définition je ne suis pas religieux, parce que je ne fais partie d’un de ces groupes où les gens pensent de la même manière et adhèrent à la même orientation spirituelle. Ceci est notre livre, ceci est notre coutume…. je n’ai rien à voir avec ce genre de chose. Par contre, je peux aisément dire que je crois en dieu. Qu’il soit singulier ou pluriel, je n’en sais rien. Pour moi, il est clair qu’il y a une force ou même une intelligence qui pilote, sans que je sache si cette force a ou non une conscience pensante. Si elle se dit, ‘oh, voilà mes humains et voici ma terre, et là, ce sont mes fils’. Je ne sais pas si ce dieu pense de cette manière. Mais il y a tellement de formes répétitives et géométriques dans la nature, se fractionnants et se recréants à différents endroits, qu’il y a une sorte de disposition naturelle à ce que la matière, le temps et l’espace s’organisent. On peut également s’en rendre compte par rapport à la trajectoire de vie de quelqu’un. Là aussi, on peut déceler une configuration. Cela m’interroge et je me dis qu’il doit y avoir quelque chose au-delà de notre vision. Quel que soit cette énergie, cela me frappe. Et je peux facilement l’appeler dieu. Sans pour autant adhérer à des idées ‘new wave’, je suis quelqu’un de spirituel.

Est-ce que c’est quelque chose qui t’accompagne en montagne, disons, si tu te retrouves dans une situation dangereuse ?

Oui, je pratique régulièrement des exercices respiratoires et je m’adresse à la montagne. Je m’adresse directement et personnellement à l’énergie de la montagne. Je lui demande la permission de skier et d’être protégé. Je vais lui dire quelque chose du genre : ‘si je la manière dont je te chevauche est offensante et que tu décides de me faire chuter, pourrais-tu m’accorder de revenir  sain et sauf ?’ Ces discussions avec la montagne surviennent surtout quand je suis inquiet. C’est étrange, ce n’est pas un processus réfléchi, quelque chose auquel j’aurais réfléchi. J’ai juste cette tendance à parler à la nature et je parle aux plantes et aux animaux de la même manière. Black Crows skis Oakley White Allen 2013 www.jeremy-bernard.com

Est-ce que cela ne t’amène pas à devenir sensible aux signes, à lire quelque chose dans le vol d’un oiseau par exemple ?

Oui, potentiellement. Mais il faut faire attention car ce genre d’interprétation peut aussi découler de la peur. Plus tu deviens superstitieux et plus tu deviens mystique. Si tu associes le mysticisme avec une peur interne, alors ça peut tourner vinaigre car tu risques d’interpréter n’importe quel présage et de craindre le mauvais œil ou des choses comme ça. Je n’ai pas ce genre de relation avec la peur. Pour moi, tout est positivité et amour. Tout présage est bon, il n’y a pas de mauvais présage. C’est mon corps qui décide s’il faut y aller ou non. Si mon esprit me dit qu’il ne faut pas y aller, je ne vais pas forcément l’écouter, mais si ce sont mes tripes, alors j’écoute. Quand je suis en montagne, j’utilise mes tripes. Il n’y a pas de logique, pas de décision rationnelle. Les pensées rationnelles viennent parasiter mes tripes. Quand mon cerveau et mon cœur me disent que c’est bon, mes tripes disent ‘ok, c’est bon’. Par contre, s’il y a un conflit quelque part, alors mon estomac va dire non. C’est une relation naturelle entre mon être et les montagnes.

Tu penses que c’est quelque chose que beaucoup de skieurs partagent ?

Oui, c’est intéressant. J’en ai parlé à d’autres skieurs, particulièrement avec des anciens, des skieurs qui peuvent avoir le double de mon âge que je croise à Alta ou Snowbird. J’ai découvert qu’ils faisaient la même chose. Ils étaient d’ailleurs surpris que quelqu’un d’aussi jeune puisse avoir ce genre de relation avec les montagnes. Et puis je me suis rendu compte que de nombreux jeunes ressentaient aussi cette relation avec les montagnes. Cela me réjouit car cela implique que la communauté du ski s’ouvre à la magie de la montagne et que ce n’est plus simplement une question de science et de détail. Le sentiment magique, cette sensation qui m’exaltait quand j’étais petit. C’est cela qui m’a incité à dédier ma vie aux montagnes. La sensation, pas la technique, la sensation.Black crows skis Oakley White Allen 2013 ww.jeremy-bernard.com

Et question sensation, tu skies sur quels modèles ?

Pour l’instant, je ne skie que le nocta dans les deux tailles, 176 et 188. Si la neige est délicate, que je m’entraîne à faire de petits sauts ou skie dans des couloirs étriqués, alors je prend les petits. Mais si la neige est bonne et que je veux envoyer de plus grosses barres, alors je prends les 188. Le nocta est vraiment mon ski de prédilection. Un ski large et twin tip, c’est tout ce dont j’ai besoin. Par contre, je rêve d’un ski totalement jumelé. C’est à dire un nocta qui serait symétrique entre la queue et la spatule, même rocker, même shape de chaque côté. Un ski totalement égal à partir du milieu pour être aussi à l’aise en fakie que de face. Mais évidemment, le marché est très restreint pour ce genre d’engin, alors peut-être qu’on pourra travailler sur un prototype.Black Crows Skis Oakley White Allen 2013 www.jeremy-bernard.com-5706-2

Sponsors : Black Crows, Panda Poles, Strafe outwear, Smith optics, Discret hats, Alta Montains and Snowbird Mountains, Aseda honey

Par JAG

Photos merci à : www.jeremy-bernard.com
www.facebook.com/JeremyBernardPhotography

black crows interview : Flo Bastien, la bohème

Flo Bastien -Tristan Shu

Le skieur de Tignes, spécialiste du backcountry et du street, mais aussi très actif en vidéo, a profité de l’été pour soigner son style et faire tatouer Black Crows sur ses skis.

Par JAG

On pourrait résumer le parcours de Flo a celui d’ex compétiteur devenu coach, spécialiste de l’image et membre actif de la célèbre confrérie des GPSY Feelin de Haute-Tarentaise. On pourrait également dire qu’il a gagné nombre de récompenses vidéo avec les Gpsy, dont plusieurs Urban Plagne ou encore celle du meilleur film amateur et meilleure cinématographie avec T.A.Z à l’IF3 Europe 2012. C’est donc une trajectoire linéaire que mène ce jeune homme fort sympathique qui aime l’art du travail bien fait, à condition qu’il y ait de la joie et de la bonne humeur. Spécialiste du street et du backcountry, il rejoint l’escadrille Black Crows avec le désir de s’investir dans des projets vidéo avec ses acolytes Julien Regnier et Pierre Guyot. Il apportera sa créativité, son sens des cadrages urbains, mais également une touche poétique qui sied excellemment aux vols alpestres des corvidés sauvages.

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B.C. : Te voilà donc arrivé dans l’escadrille des corbeaux, qu’est-ce qui te motive dans ce partenariat avec Black Crows ?

Flo : Black Crows me donne l’image d’une marque indépendante et stable qui a réussi à grandir progressivement depuis sa création, autant d’un point de vue médiatique avec une façon de faire différente, qu’avec une gamme qui s’étoffe chaque saison. Ils font de bons skis et ils ont un bon team avec des profils très variés. C’est une vraie chance de pouvoir évoluer avec un tel partenaire.
Il y a aussi la manière dont ils impliquent leurs riders, ça peut-être à travers la production de vidéo ou de news pour le blog, cela te fait sortir de ton rôle de skieur et c’est motivant. Et puis il y a aussi la possibilité d’être directement en contact avec les personnes qui imaginent et shapent les skis. C’est une structure simple où l’on peut donner son avis. Julien Regnier m’a fait essayer des prototypes cet été et j’ai trouvé que c’était une belle marque de confiance d’avoir mon mot à dire sur le développement du matériel. C’est un truc que je n’avais pas encore eu l’occasion de faire.

B.C : Comment est-ce que tu t’es retrouvé embarqué avec cette bande de blousons noirs ?

Flo : L’hiver dernier, j’ai rencontré Julien Regnier par l’intermédiaire de Pierre Guyot avec qui nous étions venu filmer à La Plagne. Je l’ai revu plus tard dans la saison et on a pas mal discuté. On a parlé de la marque, puis je lui ai remis un dossier vers la fin d’hiver. Lui et Camille Jaccoux sont revenus vers moi ce printemps et on s’est rencontré. On a parlé des projets de la marque et j’ai bien accroché. Tout ça s’est concrétisé quelques semaines plus tard et j’ai commencé à rider les skis cet été.

B.C : Tu as subi un rite de passage ?

Flo : Toujours pas.

Flo Bastien BlackCrow -TristanShu

B.C. : Est-ce qu’ils ont mentionné les JO ?

Flo : C’est l’objectif principal de notre collaboration. Ils me mettent grave la pression avec ça.

B.C. :Quels skis as-tu pu essayer et à quels modèles vont tes préférences ?

Flo : Je n’ai essayé que les Venor pour le moment vu que j’ai passé l’été sur un park. J’ai maintenant hâte que l’hiver arrive pour rider les Nocta.

B.C. : Est-ce que tu penses pouvoir bien skier avec des skis aux couleurs chatoyantes ?

Flo : Si je veux aller au JO j’ai intérêt.

B.C. : A part Pierre Guyot, il y a d’autres gitans chaussés de Black Crows ? Comment est perçue la marque dans vos campements ?

Flo : Non Pierre est le seul, mais quand on l’a vu plaquer un double rodéo 900 en backcountry cet hiver et tous nous mettre à l’amende, on s’est dit que les skis devaient défoncer, sinon c’est que Guyot est meilleur que nous, ou peut-être les deux.

B.C. : Est-ce que tu connais un peu la bande de corbeaux avec qui tu vas faire équipe ? Tu pratiques le ski de montagne ?

Flo : Je ne les connais pas personnellement, seulement de réputation et des vidéos qu’on trouve sur le net, ou des compétions comme le FWT ou le Linecatcher. J’aime beaucoup ce que font Oakley et Tom Leitner. Ils sont vraiment bons et pratiquent un type de ski dont je m’inspire pour faire évoluer le mien. Ca serait cool de faire une session avec eux cet hiver. Pour le ski de montagne, si c’est dans le genre crampons – piolets – rappel ça me fait un peu flipper, mais ça me dirait bien d’essayer, ne serait-ce que pour voir comment ça se passe et en apprendre un peu plus sur la montagne. Et qui sait, j’y viendrai peut être un jour…

Flo Bastien Blackcrows

B.C. Est-ce que tu as l’intention de venir au Black Week End avec ta petite amie ?

Flo : Bonne question, je lui demanderai si elle veut bien m’emmener, c’est elle l’habituée de l’événement.

BC : Vous sortez un nouvelle prod GPSY cette année, quelle en est la teneur ?

Flo : On sort un film de 25 minutes qui va s’appeler ‘Moon Shine’. C’est un film dans la tradition GPSY Feelin avec seulement 5 skieurs. La différence par rapports aux précédents, c’est qu’il est plus axé poudreuse et backcountry. Il n’y a qu’une section urbaine tournée dans les rues de Sarajevo. Je pense que c’est le meilleur film qu’on ait réalisé. On a tous de bons segments, Yann Barthelemy a fait du super boulot en cadrage et en montage. Enfin, la bande son a été entièrement mixée et mastérisée.
Il sortira cet automne sur internet, mais vous pourrez le voir dès Septembre à l’IF3 où nous concourons pour la première fois dans la catégorie pro.

B.C. : Vous avez l’air de tous mettre la main à la patte chez les GPSY, qu’est-ce qui prime pour toi dans la réalisation ? Tu as des points forts ?

Flo : D’abord le cadrage, puis le montage. Les images représentent la matière première et si les tricks sont biens exécutés et bien filmés, tu possèdes déjà une bonne matière première. Mais, personnellement, je n’ai pas vraiment de point fort dans ce domaine puisque ça n’est pas mon boulot. Je me concentre sur le ski en espérant que le caméraman réalise une belle image. Même s’il m’arrive de donner un coup de main et de prendre la caméra ou de faire du montage, ce n’est pas ma spécialité.

Shred it with Kevin Rolland

B.C. : Quelles sont tes influences ? Quels sont les prods que tu aimes particulièrement, les choses que tu aimerais faire ?

Flo : Je regarde beaucoup ce que font les autres productions dans le ski, dans le snowboard ou dans d’autres sports. Pour en citer quelques unes, je suis un grand fan des vidéos Absinthe. Ils filment encore en 16mm, ont des riders super innovants, leurs plans sont originaux, les montages dynamiques et denses. Tu vois deux fois plus de tricks dans leurs vidéos que dans celles des autres prods. J’aime aussi ce que font Stept productions. Ils sont vraiment bons, autant pour le ski que pour le reste.Il y a une ambiance dans leurs films qui collent parfaitement à ce qu’ils font, le choix des spots est excellent et le ride est vraiment futuriste.

B.C. : Comment analyses-tu la tendance des productions actuelles ?

Flo : De mon point de vue, les films de ski sont de mieux en mieux, de plus en plus de skieurs arrivent à sortir de gros segments. Les caméramans ont de nouvelles techniques, du nouveau matériel, on sent que les prods, petites ou grosses, s’impliquent, progressent et que leurs films sont vraiment aboutis… même si certaines continuent à t’endormir avec des speechs de 20 minutes…

Flo Bastien blackcrows skis fabrice wittner

B.C. : Quels sont tes projets pour la saison à venir ?

Flo : Principalement de la production d’images, que ce soit pour GPSY Feelin ou pour des web-edits. Mais j’aimerais également participer à des compétitions et événements du type Linecatcher, Shred IT, Vars Tournament… le genre de format qui sort de l’ordinaire et qui correspond mieux au ski que je pratique.

B.C. : Les web-edits ou épisodes, ce serait avec Black Crows ?

Flo : Oui, ça fait aussi parti de mes plans pour l’hiver avec Julien et Pierre. À nous trois, on devrait former une belle équipe. Et puis on sera rejoint par d’autres skieurs de temps à autres. Et comme on a aussi prévu d’accueillir de nouveaux riders pour le prochain GPSY Feelin, tout le monde devrait pouvoir se consacrer à d’autres projets en plus de leur segment.
C’est un aspect de production d’images qui ne fait pas partie de mon quotidien avec GPSY Feelin, c’est donc un projet assez motivant.

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B.C. : Est-ce que tu as déjà des idées sur ton prochain segment ?

Flo : J’aimerais sortir un truc différent des deux précédents. Il y a deux ans, j’avais ridé principalement du street et, la saison passée, beaucoup de poudre et de backcountry. C’est le domaine dans lequel je souhaitais surtout progresser et, avec l’hiver qu’on a eu, les conditions m’ont permis de le faire en France.
Cette année, j’aimerais mixer les deux : rentrer de nouveaux tricks que j’ai bossé en park cet été, rider de nouveaux spots, mais en m’orientant aussi vers une pratique plus naturelle du backcountry, plus proche du freeride. J’ai pas mal d’idées et j’espère que les conditions me permettront de les concrétiser.

B.C. : Concernant ton boulot en park pendant l’été, comment se forme la relève du ski freestyle ?

Flo : Chaque campeur arrive avec ses objectifs, certains débutent et d’autres sont déjà très bons. Notre travail consiste à les aider à les atteindre. Pour cela, il y a une partie coaching sur le glacier le matin, ainsi q’une vidéo correction chaque soir et, l’après-midi, des activités comme le water jump, le trampoline, le skateboard, le VTT, etc… L’objectif principal reste quand même qu’ils passent une belle semaine entre potes dans une bonne ambiance, et surtout qu’ils s’amusent car c’est le meilleur terreau pour progresser.
Le plus, c’est qu’Ils repartent avec une vidéo de leur semaine montée sur le morceau de musique de leur choix.

photos :

tristan shu/ www.tristanshu.com
fabrice wittner/ www.wittner-fabrice.com
elina sirparanta/ elinaphoto.com

black crows interview. Julien Regnier : faut que ce soit charnel

Julien Regnier La Plagne blackcrowsArchitecte autodidacte animé par la sensualité, on lui doit les courbes libertines du Nocta et les kickers ithyphalliques du plus gros événement backcountry européen. Passionné d’image, il capte l’escadrille en action à pleine salve de Gif ou, une fois revenu à terre, les poésies de l’instant avec son oeilleton télémétrique allemand. Il foisonne, note et gribouille des plans, prend des avions, roule en Citroen et surtout, s’inspire de la beauté des filles. Designer ski de black crows, expert des images et montages numériques, on en oublierait presque l’essentiel : son adresse et sa créativité quand il glisse sur la neige.

blackcrows glacier julien reignier

Depuis que tu es chez Black Crows, tu t’es beaucoup investi dans la conception des skis. On parle souvent du nocta, mais est-ce qu’il y en a d’autres ?

J’ai toujours été très investi dans la conception des skis depuis mes débuts avec Rossignol. À l’époque, il y avait tout à faire et, aujourd’hui, il y a tout à perfectionner. J’ai évidement commencé par concevoir les skis avec lesquels je voulais rider, et maintenant je dessine  la gamme black crows. Je travaille avec Camille et certains riders et guides du team, j’écoute tout le monde. Je trouve ça cool de penser à des formes qui vont avoir des influences particulières. La mécanique me fascine, avec des petits détails, on peut faire de grandes différences.

Bon Appetit blackcrows elina julien regnier

Comment se met en place l’idée d’un ski, son concept, puis sa réalisation ? Quel est ton cheminement ?

Je pars toujours de la pratique et des évolutions à apporter aux modèles déjà existants. Le but est d’aller vers la performance mais, sur beaucoup de skis, cela se traduit par une recherche de facilité. Un ski facile permet d’en faire d’avantage. Donc, pour moi, la facilitée va aussi vers la performance, le Nocta par exemple en est une bonne démonstration.
Ensuite selon les programmes des skis définis, on discute avec la petite équipe ski chez black crows et on implique les riders spécifique au programme. On travail dans le détails, je discute avec tout le monde pour trouver des améliorations. Par exemple on ne va pas faire d’un modèle spécifique un ski trop polyvalent, on cherche toujours chez black crows cet équilibre entre plaisir et performance. Et travailler aussi sur des skis typés pistes et plus  » grand public », c’est cool aussi. J’aime essayer de comprendre comment fonctionnent les shapes et fabriquer des skis adaptés à tous. Des skis où il y a du plaisir, des sourires, sur lesquels on se sent bien.

blackcrows  snow julien regnier

On voit régulièrement des photos de toi sur le site. Il y a quelques années, tu en faisais beaucoup, puis tu sembles t’être consacré aux montages et aux films, est-ce que tu reviens à tes premiers amours ?

Ah oui grave, je me suis acheté un petit boitier télémétrique que je prends partout avec moi. J’ai un 35mm et je suis vraiment content. C’est top. Je travaille sur un projet avec ces photos. Je cherche un mécène si jamais tu connais. Vous pouvez aller voir les photos sur julien-regnier-maximin.tumblr.com

 Halti Winter 2012 302 elina julien regnier blackcrows

Toi qui es habitué aux vidéos et aux séquences, qu’est-ce que tu apprécies dans l’image figée à un instant T ?

Le mode de capture et la distribution sont à mon avis plus flexibles. C’est un travail solitaire et une image ce lit vite. L’histoire est là, devant toi. C’est magique. Pour la vidéo, c’est toujours un peu compliqué à produire. Il faut monter puis il faut prendre plus de temps pour regarder. C’est magique aussi, mais avec mon petit boitier, je suis autonome. Un peu comme avec une Gopro et ça me correspond bien. J’aime partager des émotions à travers des médiums artistiques, que ce soit la vidéo, la photo ou n’importe quoi d’autre. Je crois en l’énergie artistique. Il y a quelque chose qui se passe entre des individualités via des œuvres, c’est joli.

Halti Winter 2012 elina blackcrows julien regnier

Aujourd’hui, tout le monde fait des vidéos. Il y a beaucoup de web épisodes, de création bonne ou mauvaise, est-ce que ce foisonnement n’est finalement pas néfaste pour le sport ?

Je pense qu’un milieu qui foisonne est préférable à un milieu en déclin. Il y a plein d’énergies comme tu dis, des bonnes et des mauvaises. Il faut juste faire le tri, mais quand je vois le nouveau teaser de Sherpa, ça donne le vertige, non ? Tout comme « A skier journey » ou les épisodes de Nimbus et de Bon Appétit. Les méthodes de distribution changent et se diversifient. Ça crée des ouvertures pour plein de choses.

Julien Regnier La Plagne blackcrows

L’an passé, tu prévoyais un projet de randonnée avec les productions Poor Boyz. Un concept de film autour de la Haute Route, où en es-tu de ce projet ?

Nous somme avec PBP, Elina, JP Auclair et Calum Pettit, ainsi que Fanfan senior et junior ( les guides Stefane Dan et François-Regis Thevenet ) partis sur l’idée de faire cette Haute Route (randonnée entre Chamonix et Zermatt). On veut faire ça sur 10 jours et rider tout ce qu’on peut dans un esprit freeride et pente raide. On est partie l’année dernière, mais on n’a pas eu de chance avec la météo donc on retente cette année. C’est une belle expérience de groupe et c’est une approche du ski que j’aime de plus en plus.

Julien Regnier La Plagne elina blackcrows

Tu vas aborder ton cinquième Linecatcher et tu vas aussi t’investir dans le shape de la Skiers Cup de Zermatt. Peux-tu nous décrire comment tu procèdes et ce qui te plaît dans ce travail à part l’argent ?

L’argent est un facteur prédominant de toute évidence, mais, en même temps, j’ai toujours rêvé d’être archi. Là, je fais un peu des châteaux de sable dans la neige. C’est une belle réussite et surtout un pied de nez au système scolaire.

Mallory chamonix blackcrows elina julien regnier

Finalement, toi qui a claqué la porte de la compétition, tu n’as pas l’impression d’y rentrer par la fenêtre ?

Oui je sais, c’est nul. En même temps, c’est cool de voir tous les acteurs de la scène BC se retrouver ensemble. Ça n’arrive pas souvent. C’est une petite fête et tout le monde est content de rider ensemble, d’autant que le format est intéressant car on n’a jamais l’occasion d’enchainer des runs comme ça en tournage.

blackcrows Mallory elina julien regnier chamonix

Voilà 3 ans que tu es chez Black Crows, qu’est-ce qui te vient à l’esprit quand tu regardes le chemin parcouru ?

Je suis vraiment content des Nocta, c’est vraiment un ski génial. Je suis aussi super content de travailler avec une équipe comme ça. Camille est absolument fou, Yorgo est un génie, Bruno c’est Bruuuuno. On a une super dynamique avec des riders comme Chris Booth, Pierre Guyot, Tom Leitner, Oakley White-Allen, Bird, Nate, Jeremy, Alex Pittin, François-Regis Thevenet. Ce team est top et se sont vraiment des passionnés de ski tous un peu dingues :).
Sinon, l’année dernière, on a mit en place la campagne pub en GIF. Un projet sur lequel je me suis beaucoup investi. C’était super. On a bien rigolé et le rendu est original. Je vous invite à aller voir le site dédié à cette série : gif.blackcrows-skis.com

Mallory elina julien regnier skis blackcrows

Comment imagines-tu le futur de Black Crows ?

Je pense que black crows a un réel potentiel universel. Ce sont des skis pour tous, de 7 à 77 ans. Il faut qu’on étoffe notre gamme tout en restant pointu en termes de skiabilité et de performance. Mais on parle aux skieurs : des gens qui aiment la montagne, que ce soit sur piste, hors piste, dans le park ou en randonnée. On veut apporter des skis qui ont du sens dans chaque discipline.

Mallory blackcrows elina julien regnier

photos : Elina Sirparanta / elinaphoto.com
itv : JAG

 tours d areu elina julien regnier

Joyeux Noel à black crows par Michael bird Shaffer. En V.O :

michael birds affer blackcrows ski

A December to remember

It is the darkest days of the year and it keeps on falling light and white. Snow, coming to us in extreme winter conditions, covering the mountains and giving us the deepest, driest powder anyone can remember. Some said it was gonna be the “end of the world” on the solstice,  and for some unlucky people it was, but for us there was no time to reckon with “the end” because we are caught up living  in the now of a powder-bliss land.

The weather came in off of the north west coast of US with cold and wet converging over the Central Cascade Mountains and my home ski resort of Stevens Pass. It started snowing in the beginning of  the month and this mother of nature does not want to stop.  Already it seems like the best of mid seasons with the white plastered to rock giving way to a riders dream in the forest with special spines to slarve, and pillows of love to drop.

Now with trees crashing around and power failures in houses going down some are cursing this bad weather to stop. For those who live to ride the storm  what a gift it is to be alive and this December skiing in Washington State is one to remember.

Merry Xmas, and may we all go FULL Wingspan in 2013.
Hope to ski with you out there somewhere.

kaaaw kaaaw!

Photos : Shane Wilder Icicle Tv.

michael birds affer blackcrows ski

michael birds affer blackcrows ski