black crows ova : l’équilibre éro-dynamique

ski ova all mountain by black crows

Que cache donc ce ski d’un bleu égyptien, beau comme un dieu de la IVème dynastie, au profil résolu comme celui d’un destrier prêt à charger ? Le ova, nouveau ski des gammes all mountain et freebird en a-t-il autant dans le coffre que son physique le laisse supposer ? Camille Jaccoux, adepte du ski plaisir, répond à quelques questions indiscrètes sur les dessous de cette robe voluptueuse, dont le bleu sensuel vient coiffer une silhouette non moins tentatrice.

Par Antoine Jaccoux Grospiron

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Que signifie ‘ova’ ?

Camille : Ova c’est l’oeuf. Tout comme ladite « position de l’oeuf » en ski, plus communément appelée « schuss ». Un retour vers la mère, la maman du corbeau : la finesse. Le ova est un ski élancé, presque fin, qui va vite sur piste et qui possède une vraie douceur en tout terrain. L’oeuf tout simplement. C’est beau un oeuf, non ?

Quel est le positionnement du ova dans la gamme black crows ?

Camille : 50% piste 50% tout terrain. Un ski permettant de skier comme bon vous semble, mais qui peut également vous ouvrir de nouvelles portes grâce à un savant mélange de classicisme dans l’élancement de son shape et de modernité avec son léger rocker en spatule.

La couleur, c’est en hommage à l’équipe de France ?

Camille : Là, ça commence mal, si on parle d’équipe de France de rugby pourquoi pas, mais s’il s’agit de l’équipe de France de ski de bosses version 1992, leurs skis étaient beaucoup plus colorés. Cela dit, on peut trouver une similitude dans l’élancement de la silhouette du shape.

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C’est également proche de la couleur des gendarmes, c’est un ski qui vise des pratiquants disciplinés ?

Camille : Bien au contraire, ce type de shape n’est pas trop  » directionnel », c’est à dire qu’il ne vous dicte pas votre manière de skier comme de nombreux skis du marché. D’autre part, je ne crois pas qu’un ski 50% piste 50% tout terrain soit fait pour les gens disciplinés. Ce type de shape et de flex est un appel à la liberté. On prend vraiment de l’angle sur la piste tout en ayant un ski capable d’en sortir. J’ai d’ailleurs lu un commentaire dans un magazine paru cette année qui disait:  « le ski tout terrain qui re-fait aimer la piste ! ». Et c’est vrai, car autant on peut s’éclater en poudreuse grâce à son shape et son très léger et subtil rocker, autant on peut tailler de superbes courbes sur la piste. J’ai vraiment été surpris par l’aspect ludique et la rapidité de l’engin et sa vélocité. J’en parle en connaissance de cause car je l’ai souvent utilisé lors de son développement la saison dernière.

Son élégance semble faire l’unanimité, est-ce qu’il n’est pas également destiné à la drague libre ?

Camille : Bien sûr, car le ski c’est ça, le plaisir. Que ce soit sur piste ou tout terrain, ce type de ski sert les courbes et les jolies trajectoires fines… sans vouloir faire de mauvais jeux de mots. Que tu skies les pieds serrés ou écartés, que tu aimes la godille, le carve ou le ski de bosses gracieux, vas-y ! Seul ou accompagné.

A quel type de skieur et skieuse est-il dévolu ?

Camille : Un large panel car les pratiques qu’il embrasse sont larges. J’ai vu des gens de très bon niveau s’amuser à tailler des courbes avec beaucoup d’angles sur piste; et j’ai également vu des skieurs plus occasionnels qui maitrisaient l’engin en pivot, pieds serrés, en tout terrain. Je le répète, j’ai été surpris par le potentiel et la facilité de ce ski. Donc, quel que soit le niveau, il y a de quoi s’amuser.

ski ova freebird  mountain touring by black crows

Quelles sont ses spécificités techniques ?

Camille : Avec son shape single beak, le ova possède un grand confort d’utilisation dans les neiges souples et une conduite précise en terrain accidenté. Il a un talon plat, un cambre classique et un très léger rocker avant. Concernant ce rocker, nous avons travaillé pour qu’il gomme les ‘mauvais aspects’ que peuvent avoir ses semblables. Sur le dur, on a réussi à éliminer les vibrations et à maintenir une très longue portance effective. Par contre, côté avantage, ce léger rocker facilite les entrées de courbe en conduite coupée et donne du vrai pivot en tout terrain et en terrain étroit.

Qu’est-ce qui le différencie du camox et du orb dans les gammes all mountain et freebird ?

Camille : Dans les deux gammes, all mountain et freebird, les 3 skis sont vraiment différents, en premier lieu par rapport à leurs largeurs et leurs formes respectives. Concernant le camox, c’est un vrai-mid fat très accessible et ludique qui permet de skier léger grâce à son très gros pivot et son long rocker avant. Le orb a une identité plus alpine que le camox, c’est un 60% tout terrain et 40% piste. Le ova, c’ est du 50/50, il est puissant, mais très agréable grâce à son léger rocker.

Comment s’est passé son développement ?

Camille : Julien Regnier a dessiné ce ski, ce qui, bien sûr, est un mauvais départ. Mais, pour une fois, il nous a surpris car il est rapidement arrivé aux formes et spécifications que nous avions travaillées lors de nos études préliminaires. C’est sans doute dû à son héritage génétique avec un grand-père aux JO en alpin et une maman championne du monde de slalom. Donc je peux dire que sur ce modèle, tout s’est déroulé dans la douceur et les premiers tests sur neige nous ont tout de suite convaincus. On avait ce qu’on cherchait, le ski 50/50 ! Pour une fois…

Est-ce que c’est un modèle que tu utilises souvent ?

Camille : Je l’ai souvent skié lors de son développement l’hiver dernier et cela dans toutes les tailles et avec de forts skieurs. Mais aussi pas mal en famille et, comme je le disais, j’ai pris mon pied, même avec toute ma famille, sans vouloir choquer personne. Cette saison, qui commence juste, je vais utiliser la version all mountain en 184, c’est presque étroit, c’est plus léger que mes sevun et je vais pouvoir aller vite et aussi faire du hot dog !