black crows interview : Flo Bastien, la bohème

Flo Bastien -Tristan Shu

Le skieur de Tignes, spécialiste du backcountry et du street, mais aussi très actif en vidéo, a profité de l’été pour soigner son style et faire tatouer Black Crows sur ses skis.

Par JAG

On pourrait résumer le parcours de Flo a celui d’ex compétiteur devenu coach, spécialiste de l’image et membre actif de la célèbre confrérie des GPSY Feelin de Haute-Tarentaise. On pourrait également dire qu’il a gagné nombre de récompenses vidéo avec les Gpsy, dont plusieurs Urban Plagne ou encore celle du meilleur film amateur et meilleure cinématographie avec T.A.Z à l’IF3 Europe 2012. C’est donc une trajectoire linéaire que mène ce jeune homme fort sympathique qui aime l’art du travail bien fait, à condition qu’il y ait de la joie et de la bonne humeur. Spécialiste du street et du backcountry, il rejoint l’escadrille Black Crows avec le désir de s’investir dans des projets vidéo avec ses acolytes Julien Regnier et Pierre Guyot. Il apportera sa créativité, son sens des cadrages urbains, mais également une touche poétique qui sied excellemment aux vols alpestres des corvidés sauvages.

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B.C. : Te voilà donc arrivé dans l’escadrille des corbeaux, qu’est-ce qui te motive dans ce partenariat avec Black Crows ?

Flo : Black Crows me donne l’image d’une marque indépendante et stable qui a réussi à grandir progressivement depuis sa création, autant d’un point de vue médiatique avec une façon de faire différente, qu’avec une gamme qui s’étoffe chaque saison. Ils font de bons skis et ils ont un bon team avec des profils très variés. C’est une vraie chance de pouvoir évoluer avec un tel partenaire.
Il y a aussi la manière dont ils impliquent leurs riders, ça peut-être à travers la production de vidéo ou de news pour le blog, cela te fait sortir de ton rôle de skieur et c’est motivant. Et puis il y a aussi la possibilité d’être directement en contact avec les personnes qui imaginent et shapent les skis. C’est une structure simple où l’on peut donner son avis. Julien Regnier m’a fait essayer des prototypes cet été et j’ai trouvé que c’était une belle marque de confiance d’avoir mon mot à dire sur le développement du matériel. C’est un truc que je n’avais pas encore eu l’occasion de faire.

B.C : Comment est-ce que tu t’es retrouvé embarqué avec cette bande de blousons noirs ?

Flo : L’hiver dernier, j’ai rencontré Julien Regnier par l’intermédiaire de Pierre Guyot avec qui nous étions venu filmer à La Plagne. Je l’ai revu plus tard dans la saison et on a pas mal discuté. On a parlé de la marque, puis je lui ai remis un dossier vers la fin d’hiver. Lui et Camille Jaccoux sont revenus vers moi ce printemps et on s’est rencontré. On a parlé des projets de la marque et j’ai bien accroché. Tout ça s’est concrétisé quelques semaines plus tard et j’ai commencé à rider les skis cet été.

B.C : Tu as subi un rite de passage ?

Flo : Toujours pas.

Flo Bastien BlackCrow -TristanShu

B.C. : Est-ce qu’ils ont mentionné les JO ?

Flo : C’est l’objectif principal de notre collaboration. Ils me mettent grave la pression avec ça.

B.C. :Quels skis as-tu pu essayer et à quels modèles vont tes préférences ?

Flo : Je n’ai essayé que les Venor pour le moment vu que j’ai passé l’été sur un park. J’ai maintenant hâte que l’hiver arrive pour rider les Nocta.

B.C. : Est-ce que tu penses pouvoir bien skier avec des skis aux couleurs chatoyantes ?

Flo : Si je veux aller au JO j’ai intérêt.

B.C. : A part Pierre Guyot, il y a d’autres gitans chaussés de Black Crows ? Comment est perçue la marque dans vos campements ?

Flo : Non Pierre est le seul, mais quand on l’a vu plaquer un double rodéo 900 en backcountry cet hiver et tous nous mettre à l’amende, on s’est dit que les skis devaient défoncer, sinon c’est que Guyot est meilleur que nous, ou peut-être les deux.

B.C. : Est-ce que tu connais un peu la bande de corbeaux avec qui tu vas faire équipe ? Tu pratiques le ski de montagne ?

Flo : Je ne les connais pas personnellement, seulement de réputation et des vidéos qu’on trouve sur le net, ou des compétions comme le FWT ou le Linecatcher. J’aime beaucoup ce que font Oakley et Tom Leitner. Ils sont vraiment bons et pratiquent un type de ski dont je m’inspire pour faire évoluer le mien. Ca serait cool de faire une session avec eux cet hiver. Pour le ski de montagne, si c’est dans le genre crampons – piolets – rappel ça me fait un peu flipper, mais ça me dirait bien d’essayer, ne serait-ce que pour voir comment ça se passe et en apprendre un peu plus sur la montagne. Et qui sait, j’y viendrai peut être un jour…

Flo Bastien Blackcrows

B.C. Est-ce que tu as l’intention de venir au Black Week End avec ta petite amie ?

Flo : Bonne question, je lui demanderai si elle veut bien m’emmener, c’est elle l’habituée de l’événement.

BC : Vous sortez un nouvelle prod GPSY cette année, quelle en est la teneur ?

Flo : On sort un film de 25 minutes qui va s’appeler ‘Moon Shine’. C’est un film dans la tradition GPSY Feelin avec seulement 5 skieurs. La différence par rapports aux précédents, c’est qu’il est plus axé poudreuse et backcountry. Il n’y a qu’une section urbaine tournée dans les rues de Sarajevo. Je pense que c’est le meilleur film qu’on ait réalisé. On a tous de bons segments, Yann Barthelemy a fait du super boulot en cadrage et en montage. Enfin, la bande son a été entièrement mixée et mastérisée.
Il sortira cet automne sur internet, mais vous pourrez le voir dès Septembre à l’IF3 où nous concourons pour la première fois dans la catégorie pro.

B.C. : Vous avez l’air de tous mettre la main à la patte chez les GPSY, qu’est-ce qui prime pour toi dans la réalisation ? Tu as des points forts ?

Flo : D’abord le cadrage, puis le montage. Les images représentent la matière première et si les tricks sont biens exécutés et bien filmés, tu possèdes déjà une bonne matière première. Mais, personnellement, je n’ai pas vraiment de point fort dans ce domaine puisque ça n’est pas mon boulot. Je me concentre sur le ski en espérant que le caméraman réalise une belle image. Même s’il m’arrive de donner un coup de main et de prendre la caméra ou de faire du montage, ce n’est pas ma spécialité.

Shred it with Kevin Rolland

B.C. : Quelles sont tes influences ? Quels sont les prods que tu aimes particulièrement, les choses que tu aimerais faire ?

Flo : Je regarde beaucoup ce que font les autres productions dans le ski, dans le snowboard ou dans d’autres sports. Pour en citer quelques unes, je suis un grand fan des vidéos Absinthe. Ils filment encore en 16mm, ont des riders super innovants, leurs plans sont originaux, les montages dynamiques et denses. Tu vois deux fois plus de tricks dans leurs vidéos que dans celles des autres prods. J’aime aussi ce que font Stept productions. Ils sont vraiment bons, autant pour le ski que pour le reste.Il y a une ambiance dans leurs films qui collent parfaitement à ce qu’ils font, le choix des spots est excellent et le ride est vraiment futuriste.

B.C. : Comment analyses-tu la tendance des productions actuelles ?

Flo : De mon point de vue, les films de ski sont de mieux en mieux, de plus en plus de skieurs arrivent à sortir de gros segments. Les caméramans ont de nouvelles techniques, du nouveau matériel, on sent que les prods, petites ou grosses, s’impliquent, progressent et que leurs films sont vraiment aboutis… même si certaines continuent à t’endormir avec des speechs de 20 minutes…

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B.C. : Quels sont tes projets pour la saison à venir ?

Flo : Principalement de la production d’images, que ce soit pour GPSY Feelin ou pour des web-edits. Mais j’aimerais également participer à des compétitions et événements du type Linecatcher, Shred IT, Vars Tournament… le genre de format qui sort de l’ordinaire et qui correspond mieux au ski que je pratique.

B.C. : Les web-edits ou épisodes, ce serait avec Black Crows ?

Flo : Oui, ça fait aussi parti de mes plans pour l’hiver avec Julien et Pierre. À nous trois, on devrait former une belle équipe. Et puis on sera rejoint par d’autres skieurs de temps à autres. Et comme on a aussi prévu d’accueillir de nouveaux riders pour le prochain GPSY Feelin, tout le monde devrait pouvoir se consacrer à d’autres projets en plus de leur segment.
C’est un aspect de production d’images qui ne fait pas partie de mon quotidien avec GPSY Feelin, c’est donc un projet assez motivant.

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B.C. : Est-ce que tu as déjà des idées sur ton prochain segment ?

Flo : J’aimerais sortir un truc différent des deux précédents. Il y a deux ans, j’avais ridé principalement du street et, la saison passée, beaucoup de poudre et de backcountry. C’est le domaine dans lequel je souhaitais surtout progresser et, avec l’hiver qu’on a eu, les conditions m’ont permis de le faire en France.
Cette année, j’aimerais mixer les deux : rentrer de nouveaux tricks que j’ai bossé en park cet été, rider de nouveaux spots, mais en m’orientant aussi vers une pratique plus naturelle du backcountry, plus proche du freeride. J’ai pas mal d’idées et j’espère que les conditions me permettront de les concrétiser.

B.C. : Concernant ton boulot en park pendant l’été, comment se forme la relève du ski freestyle ?

Flo : Chaque campeur arrive avec ses objectifs, certains débutent et d’autres sont déjà très bons. Notre travail consiste à les aider à les atteindre. Pour cela, il y a une partie coaching sur le glacier le matin, ainsi q’une vidéo correction chaque soir et, l’après-midi, des activités comme le water jump, le trampoline, le skateboard, le VTT, etc… L’objectif principal reste quand même qu’ils passent une belle semaine entre potes dans une bonne ambiance, et surtout qu’ils s’amusent car c’est le meilleur terreau pour progresser.
Le plus, c’est qu’Ils repartent avec une vidéo de leur semaine montée sur le morceau de musique de leur choix.

photos :

tristan shu/ www.tristanshu.com
fabrice wittner/ www.wittner-fabrice.com
elina sirparanta/ elinaphoto.com

Julien Regnier, Poor Boyz, Seattle le 6 septembre 2013

blackcrows_PBP premiere black crows news-11Tracing Skylines, la dernière production filmée de Poor Boyz Production aux USA, du ride lourd et épais, avec un segment urbain plus qu’original filmé à Détroit la fameuse, ville ravagée par la dé-population due à la chute de l’industrie automobile… Intéressant.
Du beau back country avec Sean Petit, Pep Fujas, Andy Maher… et bien entendu un joli passage entre Chamonix et Zermatt avec Julien Regnier, JP Auclair, Seth Morrisson, Glen Plake et Bruno Compagnet. Une aventure sur la haute route résumée en 10 minutes, de la marche, quelques virages et surtout Glen qui parle trop fort, tout va bien rien ne change.

On est chauds pour l’hiver.

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Photographies par Julien