black crows pilote de course & jib-ninja : Mai Ikuzawa sur le Gumball 3000

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Le mois de Mai, à part le muguet ou le ski de printemps, peut-être pour un tout petit nombre de personnes étranges, un mois synonyme de Gumball 3000. Le Gumball est un rallye automobile international, composé de voitures excentriques et souvent très rapides, conduites par des personnes excentriques aussi et, très souvent, personnes de très mauvais gout, indéniablement.
Mais heureusement on peut parfois trouver un peu de délicatesse au sein du Gumball 3000. Si cela est possible, non nous ne parlons pas du skieur Suédois Jon Olsson, fidèle participant du Gumball, mais de notre black crows ambassadrice, la Japonaise Mai Ikuzawa, membre du bien nommé black crows freak nest.
Voici quelques images délicates de Mai et de son copilote Mme Barattieri San Pietro et de leur engin aux couleurs black crows : la Chevrolet 1957 Bel Air, au milieu de la horde Gumball et quelques blasons black crows sur des calandres diverses. Du bitume, de la sueur, du ride, des pannes mécaniques, beaucoup de junk food. Il était une fois dans l’ouest dans un monde de brutes. ikuzawa_1662 gumball_blackcrows_ski

Fiche technique en VO:
1957 Chevrolet Bel Air Street Rod.
396CI V8, dyno’d at 475 hp and 555lbft of torque in 1999, BDS 671 blower,
2- 4 bbl dual feed 780 cfm Holley carburetors, 4 speed m-22 Muncie transmission,
power steering, RWD, power brakes, 9″ rear end, 3.70 gears, 24 gallon ATL fuel cell…

Drivers:
-black crows resident racing driver & jib-ninja: Mai Ikuzawa http://fatale.honeyee.com/blog/mikuzawa/
-Italian Royalty and Countess, Sofia Barattieri San Pietro, also the CEO of Motilo.com
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Story:
Crowned  »Ambassadors of the Gumball »!
They broke down at least EIGHT times:
- Power failure from alternator to battery. Lost lights too.
- Replace alternator and rewire.
- Flywheel broken, and push-start car everytime for 3,000 miles!
- Broken power-steering and water-pump belt.
- Tyre blow-out at 90mph on the Interstate due to delamination and broke the quarter panel and right-rear fender.
- Broke the alternator bracket due to aggressive steering!
- Alternator not pulling power again, blown fuse so hard-wired.
- Overheating engine through Death Valley.
- Overheating pilots through Death Valley with no aircon…

Route:
The 2012 rally ran from New York City to Los Angeles, via Toronto, Indianapolis, Kansas City, Santa Fe, and Las Vegas. The rally was held from May 25-31. The rally included stops at Niagara Falls, Indianapolis 500, Windsor, Ontario, Detroit, St Louis, Route 66, the Grand Canyon and Death Valley.ikuzawa_1645 IMG_2687 P1230386 gumball_car_blackcrows_ski P1220960 ikuzawa_1657Oui EVE!

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Rescuers:
Karta & Spoon!

www.gumball3000.com

entre les lignes. Bruno Compagnet, ses black crows, les Dolomytes et Mikey Hovey, l’Américain. 

Nous avions roulé une bonne partie de la nuit, épuisés, mais excités à l’idée de skier de la bonne neige. En ce mois de février, malgré un hiver qui avait tenu toutes ses promesses, nous en voulions encore plus … De la poudre que nous irions chercher en peaux ou à pied, seuls et loin loin du monde. Nous souhaitions un retour à la montagne. Aujourd’hui, je préfère de loin skier une belle ligne que j’ai remontée par mes propres moyens que d’accumuler du dénivelé en station.
Pour commencer, nous cherchions une immersion dans la nature, l’envie de s’évader loin des gens, du bruit, du rythme d’une existence standardisée. Et puis, il y a cette quête de la ligne, celle que nous n’avons pas encore skiée, qu’il nous faudrait aller chercher au fin fond d’une vallée sauvage et isolée de ces montagnes, à la beauté poignante. Nous étions à la poursuite d’un rêve, une pente ou un couloir en neige parfaite, un lieu magique que nous n’allions pas tarder à découvrir.
Mikey Hovey vient de Jackson Hole dans le Wyoming, c’est un véritable ski bum vivant, voyageant pour skier. Il chevauche du black crows depuis 2 hivers. Nous nous étions rencontrés sur la haute route (Chamonix /Zermatt), quand je lui ai proposé de venir avec moi dans les Dolomites, il a téléphoné à son amie restée aux States pour la prévenir qu’il aurait une semaine de retard …

A San Martino , dans les Dolomites, le meilleur moyen de skier de beaux couloirs c’est de prendre le téléphérique de la Rosetta, qui vous dépose au bord de « l’altiplano » à 2800 mètres. Depuis plus d’une dizaine d’années que je parcours ces montagnes, je n’ai jamais eu de conditions de neige aussi bonnes pour la pente. La météo était avec nous, il avait fait beau et froid tous les jours, les faces nord étaient parfaites pour le ski de pente.
Le Couloir de la «Pale » vous plonge directement dans l’ambiance grandiose des Pales (massif de San Martino). Une fois au sommet, nous avons collé les peaux, notre progression était lente, peut être un peu de fatigue mais surtout le bonheur de faire découvrir ce lieu à mon ami, le plaisir de savourer le paysage et les lumières chaudes de la fin d’après midi.  Je ne sais toujours pas d’où me vient ce sentiment de plénitude et de bonheur quand je glisse, c’est bien la même chose que je lis dans les yeux de Mikey.
Les Trois jours qui suivirent allaient nous réserver de très bonnes surprises et nous avons skié seuls ou en compagnie de quelques locaux. J’étais content de revisiter les classiques de San Martino en excellentes conditions et de partager ça avec Mikey. Pendant une longue montée, il m’avouera avec une certaine fierté qu’il n’avait pas passé deux jours sans skier cet hiver. Sa passion et sa motivation me contaminaient. Il m’expliqua comment il gagnait durement son argent l’été pour pouvoir être libre et skier toute la saison.
On partait à l’aube et l’on rentrait tard en fin de journée, le visage cramé par le soleil, nos gants et nos chaussons de ski puaient l’effort, après avoir allumé le vieux poêle à bois nous les mettions vite sécher avec nos peaux pour être prêts le lendemain. Polvo, mon chat, qui avait vu débarquer ce drôle de mec dans son espace vital était maintenant lui aussi sous le charme et je le regardais, surpris, se frotter aux jambes de mon pote quand nous rentrions.

 Le quatrième jour mon ami Léo qui ne travaillait pas le lendemain s’est joint à nous pour une nouvelle journée de ski en montagne qui allait marquer un tournant dans le voyage. Au sommet de la « Fradustta » que nous avions rejoint pour skier la neige froide du versant nord et jouir de la vue à trois cent soixante degrés sur les Dolomites, je balayais machinalement le paysage avec mes jumelles quand mon attention fut captée par la découverte d’une ligne et d’un couloir très esthétique dans le Val Canali. Léo me certifia qu’à sa connaissance cette ligne n’avait jamais été skiée … Du moins pas ces trente dernières années. L’itinéraire du jour nous fit descendre pratiquement en face de ce beau couloir.
Le soir, nous nous sommes informés auprès de copains guides qui nous confirmèrent tous que personne n’avait skier cette ligne.  Mon téléphone sonna à 4h 45, à 6 heures nous étions sur le parking spéculant sur le fait que Léo allait venir ou pas. Il nous rejoignit avec un peu de retard (l’exactitude n’étant pas la première qualité des Italiens)… Nous avons ensuite fait un rapide inventaire de notre matériel, j’avais un tamponnoir et quelques coinceurs au cas où, de la sangle, Léo avait pris des pitons ainsi qu’un bon jeu de coinceurs. Par contre ses crampons et son piolet étaient restés chez lui.

 La remontée dans les bois fut plaisante et nous avons effectué un petit crochet pour un rapide coup d’oeil sur la sortie du couloir, évalué la qualité de neige et la longueur du rappel final pour une certaine forme de confort moral. En contournant la montagne pour gagner le départ du couloir, je m’interrogeais sur cette zone cachée de la descente, sur le degré de pente et surtout sur la qualité de neige, j’appréhendais,  je spéculais sur nos chances de réussite, je n’ai pas vu la montée passer… J’avais dit aux autres que si la neige était mauvaise ou si j’avais le moindre doute, je ferais demi tour sans regret. Attendre les conditions justes, les sentir ou les anticiper fait partie du ski de montagne. Je suis arrivé le premier dans la fourche de départ, et après m’être avancé prudemment, un cri de joie est sorti de mes poumons et a fait peur à Mikey qui a cru que j’étais tombé. La neige était parfaite en haut même si elle devint dure sur la partie finale, la descente fut un enchantement.
Nous avons posé 2 rappels et j’ai insisté pour encorder  les boy’s sur un passage très raide qu’ils pensaient franchir en libre mais qui se révéla plutôt tendu. Quand j’ai eu fini de lover la corde, j’ai pris Léo et Mikey dans mes bras, on s’est embrassés, on était heureux, fatigués et l’on était tous d’accord pour aller boire quelques bières pour faire tomber l’adrénaline.

Ce voyage nous a appris à ne jamais arrêter de chercher. La prise de conscience de la  richesse de notre passion, faite de connaissances, d’expériences, et de partage. Même si vous trouvez un jour exactement ce que vous cherchez et que la chance vous sourit, la quête ne s’arrête jamais vraiment.

 PS : Ce couloir s’appellera désormais  « Minna way » du prénom de la petite fille qu’Éléna porte et qui verra le jour cet été.

Bruno Compagnet

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le Michael bird Shaffer, 2 black crows en vol et « l’Aiguille qui remue ». Chamonix, le printemps.

En version originale :

It was late and fucking foggy.  We caught the last lift, and, as is normal for Chamonix, there would be a few other crazy bastards, friends with special minds, going for the same idea. Skinning across the glacier in a whiteout it was easy to imagine hanging ice, the big white faces, and steep couloir, invisible, but towering above us.  The Back 9 are some of the most condense NE facing lines on the planet, and only a short slide away from the Refuge d’ Argentiere.

10 friends going for different runs, old friends really, strange to already know some of them for 15 yrs.  So many memories flooded back while relaxing with the brothers. Sipping a glass of wine on the porch, staring out into the white, I realized  how lucky we were to still be alive, sharing in the power of this place.

After trying to sleep, dreaming fitfully, of what could be, I was happy to be awake and put my boots on.  We started off at dawn feeling fortunate that there were stars and the outline of the peaks in the wakening sky.

As the sun crested the Aiguilles to the east, our objective was clear, “Aiguille qui remue.”   First skied by our master, the late, great, Remy Lecluse. I remembered fondly, asking him about the line years ago.  Remy was the reason I believed and first skied it.

Crossing the rimaye it was hard to tell if it was gonna be good. The breakable crust and a lot of sluff coming down made it easy to want to turn around.

Ced was feeling shitty and Mark just got off the plane so they made the call and turned around. I had a feeling it was gonna be good, so with the brothers watching from the glacier, I had extra power to make it to the top.

Sunny, clear and above it all, I clipped into an old sling and drank deeply of the energy.
The Chocard came, two of them, soaring the Col and saying hello.  The best of signs.  It was easy to feel good, give thanks, and step into my skis.

It’s like I just woke up, wild to feel alive again. Clear and confident, I made big turns above the ice, flying in a dream, down to my friends who were waiting to embrace me on the glacier below.

It’s just one descent, but hey, that one smooth run can change your life.

Thanks, Cedric, Nate, Damien, Mark and Remy Lecluse.
FULL WINGSPAN!

Photos bird with Go Pro and Cedric Bernardini
http://cedricbernardini.com/

Publié dans ski

randonnée relax sur black crows en Arménie avec Jax

Chaque année, le programme de voyage de Jax, alias le guide Claude Jaccoux, prévoit des randonnées à ski dans des coins insolites. 2013 n’a pas dérogé à l’usage avec 8 jours de raid à ski dans un pays aussi célèbre que méconnu, l’Arménie. En compagnie de ses acolytes guides, l’Italien Alberto Re et le Russe Alexey Shustrov, du guide arménien Mkhitar Mkhtaryan, d’une dizaine de clients, de sa femme Claire et de ses deux fils, Antoine et Camille, c’est un voyage aux frontière du moyen-orient que le guide chamoniard, chaussé de ses orb freebird jaunes canaris, a entrepris. Voici quelques images de cette chaleureuse aventure entre randonnée à ski sur de douces montagnes rondelettes et visites d’édifices religieux de ce petit pays enclavé qui se trouve être le plus vieil Etat chrétien.

Texte et photos par JagArmenie-BC-5L’unique skieur arménien que l’on ait croisé était un fondeur.

Armenie-BC-6Claude Jaccoux et Alberto Re au finish.

Armenie-BC-3Des montagnes à perte de vue et personne aux alentours.

Armenie-BC-16Le monastère de Sevanavank sur le lac Sevan (Xe siècle)

Armenie-BC-17Claude en plein effort sur ses orb freebird

Armenie-BC-8Camille sur ses orb all mountain

Armenie-BC-10Camille évalue une sortie dans une neige chauffée à souhait.

Armenie-BC-1La solitude du skieur dans le mauvais temps. Nous rejoindrons ensuite un village où les habitants nous réchaufferont à coups de vodka.

Armenie-BC-13Solitude graphique dans le petit Caucase. Nous sommes ici près du col de Sélim, un point de passage de l’une des plus ancienne route commerciale reliant la Perse et l’Europe.

Armenie-BC-9Au sommet avec, de gauche à droite Pietro, Alberto Re, Donatella, Renzo, Camille et Mkhitar.

Armenie-BC-11Légende : Jaccoux père et fils en attente d’une bière fraîche pour fêter la journée.

Armenie-BC-14Avec la lutte, les échecs sont le ‘sport’ national arménien.

blackcrows_ski_Une particularité du pays, d’immenses parois basaltiques et manifestation pour la démocratie après des élections qui sentent bon l’embrouille. Place de l’opéra à Erevan.

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Armenie-BC-15Les célèbres khatchkar, les ‘pierres à croix’ de l’église apostolique arménienne. Elles ne représentent pas la mort du Christ, comme chez les Catholiques, mais sa nature divine.

Armenie-BC-7Des gamins intrigués par ces skieurs sortis de nulle part.

Armenie-BC-4Un couple d’Arméniens posant au-dessus d’Erevan.

www.antoine-jag.fr

 

 

black crows interview. Pierre Guyot : gibier de potence

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L’espoir était mince de voir la liberté reprendre des couleurs face au diktat du style. Pierre Guyot, grâce à un humour caustique et une légitimité pieusement acquise tout au long de sa foisonnante carrière de skieur, a activement participé à ce rééquilibrage essentiel au freestyle. Qu’il s’agisse de ses frasques étalées sur les pages du magazine Weski, de ses interventions satiriques sur le site Skipass ou, plus récemment, de sa fameuse imposture de quadruple backflip sur les forums de la toile, le flibustier des Ménuires a balancé quelques salvateurs pavés dans la marre d’un sport volontiers sclérosé par la performance et le narcissisme. Evidemment, cette casquette d’empêcheur de tourner en l’air fait quelque peu passer au second plan sa dextérité sur les planches, mais n’est-ce pas là une moindre conséquence quand on participe si farouchement à la légèreté d’une activité céleste.

Par Antoine Jaccoux Grospiron.

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Sans louvoiements, entrons directement dans le vortex, penses-tu que l’on puisse être pro dans le ski sans faire la pute ?
Pierre : Etre pro en ski sans se soumettre un minimum n’est malheureusement pas possible. Plus tu es fort et connu, plus tu es obligé de mentir pour rendre la réalité plus belle qu’elle ne l’est. Tu dois mentir pour le bien de tes sponsors ou pour te mettre en valeur auprès d’eux. Certains le font mieux que d’autres, ce qui explique que des riders arrivent à négocier de gros contrats sans pour autant être d’excellents skieurs. C’est moche, mais c’est comme ça, ça fait parti du boulot.
Histoire de te mettre à l’aise, est-ce que tous tes sponsors sont vertueux ?
Pierre : J’aimerais bien dire plein de trucs à ce sujet, mais comme je l’ai expliqué, je ne peux pas ouvrir ma gueule pour démonter les marques qui me soutiennent. Black crows, Eider et Adidas sont de superbes marques qui font des produits de qualité.
Changeons d’atmosphère, comment c’est passé ton hiver et quels sont tes projets pour la suite de la saison ?
Pierre : Mon hiver c’est bien passé. J’ai eu d’excellentes conditions de neige et pas mal de temps pour skier. J’ai shooté avec GPSY Feelin pour leur prochain film et j’ai fait quelques édits pour le blog Black Crows. Parallèlement à cela, j’ai travaillé à l’ESF des Menuires puis avec Monster Energy sur des évènements. L’année prochaine, je souhaite continuer dans la même direction, mais je n’ai pas encore de projets concrets. Je vais déjà essayer de focaliser sur ce qui me reste à faire cet hiver avant de penser à l’année prochaine.
Considères-tu le ski comme un loisir ou un sport ?
Pierre : Le ski peut être considéré comme un sport ou un loisir selon les personnes. Moi je pratique le ski la plupart du temps comme un sport, j’aime bien repousser mes limites et essayer d’améliorer mes performances au lieu de suivre les touristes sur le pistes.
Est-ce que tu te considères comme un passionné ?
Pierre : Oui je suis un passionné, sinon il y a bien longtemps que j’aurais lâché les planches pour être avocat comme votre pote Chris Booth.
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Et tu n’as pas l’impression d’être un gros privilégié de bourgeois occidental sans vergogne qui glisse tranquillement sur une surface cristalline tandis que le monde est à feu et à sang ?
Pierre : Ca dépend avec qui tu me compares, si c’est avec un pauvre petit malien ou avec un fils de riche héritier américain. Disons que je ne suis pas à plaindre, je n’ai pas trop de sous, mais j’ai une vie bien remplie et je me fais bien plaisir.
Les JO, c’est pour l’année prochaine, est-ce que tu prédis la mort du new school ?
Pierre : Les JO je suis pour. J’ai toujours pensé que ça créerait une bonne émulation autour du sport. J’ai foi car les personnes qui gèrent ça de là haut ne sont pas toujours les bonnes et j’espère qu’elles défendront notre sport au mieux au lieu de penser à leur propre intérêt ou encore à leur porte-monnaie. Si ça va tuer le sport ? J’espère que non, je croise les doigts et on verra bien.
Pour Sotchi, tu as misé sur des poulains et des pouliches chez les bookmakers ?
Pierre : Non mais est ce réellement une bonne idée ? Je vais devoir attendre les premiers résultats de l’hiver prochain, regarder combien sont cotés les athlètes pour me dire au final que ça ne sert à rien de parier tant d’argent pour gagner si peu.
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Elles sont jolies les freestyleuses de l’an 2013 ?
Pierre : Il en faut pour tout les goûts. Moi j’aime bien le charme de Roz Groenewoud, le sourire de Gretchen Bleiler, le petit shape de Kaitlyn Farrington… Mais il faut que j’arrête de rêver !
Concernant ton quadruple backflip à X mille vues sur la toile, est-ce que tu considères que tu as dépassé les bornes ?
Pierre : C’est clair que ce gros fake* a foutu un coup de pied au cul au petit monde du ski freestyle. Avoir dépassé les bornes je ne sais pas, mais j’ai été gêné de recevoir toutes ces félicitations que je ne mérite pas. Après, beaucoup de gens ont apprécié la blague et de voir leurs commentaires ça m’a bien aidé à oublier le reste. J’espère maintenant tourner la page sur cet épisode et aller de l’avant. Je supporte mal le fait d’être un imposteur.
Si un kid se brise en deux en essayant de t’imiter, est-ce qu’au fond de toi, tu ne serais pas content qu’il n’ait pas réussi ?
Pierre : Je suis plutôt du genre à vouloir coacher et à essayer d’aider les gens qui me demandent conseil sur le park que de vouloir qu’ils se blessent. Donc oui, si le petit se brise, je pense que je rigolerai aux éclats alors qu’au fond de moi je serai triste pour lui.
Est-ce que ta notoriété te permet d’avoir plein de groupies comme certaines vedettes du halfpipe ?
Pierre : Ma petite notoriété m’a déjà créée des opportunités qui ont débouché sur des actes sexuels, c’est indéniable. Mais ces occasions sont beaucoup plus rares pour moi qu’elles ne le sont pour les stars de la discipline. Je vis cela comme un bien pour un mal, car les filles que j’apprécie le plus sont celles qui trouvent le ski plutôt ringard.

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Black Crows, c’est un peu un drôle de nom, tu en penses quoi de ce gros pléonasme ?
Pierre : Je n’avais jamais pensé à ça. Perso j’aime bien ce nom et je ne vais pas chercher plus loin. Je laisse cette histoire de pléonasme aux intellects. Tu sais en France on parle plutôt mal anglais, la majorité des gens ne savent même pas ce que « crows » veut dire, donc je pense que la question ne se pose pas vraiment.
Et sinon, tu skies sur quels modèles et qu’est-ce qu’ils ont de vraiment super par rapport à d’autres skis ?
Pierre : Je skie les nocta en freeride backcountry et les venor en freestyle, ce sont de super skis qui ont cependant quelques petits aspects que je n’apprécie pas forcement, mais je n’ai pas le droit d’en parler ici. En revanche, j’ai déjà tout dit à Julien Regnier, le shaper. C’est ça qui est bien avec une petite marque comme black crows, l’avis des riders est considéré comme important et il est pris compte pour faire avancer les choses dans le bon sens.

Skipass, pourquoi t’être foutu dans cette galère ? Ils t’ont filé des autocollants ?
Pierre : Tu parles de commenter les X. Je me suis lancé dans cette aventure parce que j’étais blessé à l’épaule et que je voulais aller voir les X Games aux US tous frais payés et supporter mes potes. Je crois me souvenir qu’un jour ils m’ont effectivement donné des autocollants « In tartiflette we trust », je ne sais pas ce que j’en ai fais, je ne les ai pas collé, ça c’est sur.

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Il paraît qu’il y a des japonais irradiés qui te cherchent suite à tes propos déplacés aux X Games. Tu confirmes ?
Pierre : Non je ne suis pas au courant, mais ça m’étonnerait quand même que les japonais regardent les vidéos sur skipass. Si c’est le cas, je souhaite en profiter pour m’excuser auprès d’eux. Mes propos ont été déformés, c’est de ma faute j’aurais du assister au montage, j’aurais du rester aux cotés de Ludo Chauchaix pour lui éviter de faire n’importe quoi et de démonter une fois de plus mon e-réputation. Mais à la place, j’ai préféré me barrer faire la fête en boite.
À quoi est-ce que tu aspires dans le fond ?
J’ai eu beau essayer à plusieurs reprise, je n’ai pas réussi à prendre assez de recul sur ma personne pour formuler une réponse légitime à cette question. Je m’en excuse.

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Donnes-nous une infime lucarne d’espoir.
Pierre : Souriez, demain sera pire.

*Comme beaucoup de ses congénères, Pierre aime employer des anglicismes pour avoir l’air à la page. Pour votre gouverne,Fake signifie imposture en français. Par exemple, fake orgasm se traduit par orgasme simulé. Oui, ça n’a rien à voir, mais on double facilement le nombre de lecteurs avec une touche de sexualité.

 

photos actions et portrait ski : Louis Garnier/ www.louisgarnier.com

autre portraits : elina sirparanta / elinaphoto.com